Portrait à fond et en forme ! Quentin Barbot de chez D.

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Pour lui, tous les chemins mènent au sport et certains viennent ici à Stockholm. Après de brillantes études de commerce à Aix-Marseille, son amour du cyclisme, et l’envie de partager ses passions nature, le poussent vers la grande distribution de matériel de loisirs et équipements sportifs. C’est donc à Bouc-Bel Air et Vitrolles chez le géant international de création et distribution de produits sportifs qu’il apprend à gérer les stocks et les collaborateurs. Et c’est également l’enseigne aux grandes lettres blanches sur fond bleu qui lui offre l’opportunité professionnelle de rejoindre la Suède. Le 1er avril 2019, Quentin Barbot intègre l’équipe de direction du magasin Décathlon, les hauts et bas de la vie d’expat, coup de blues, et coup de foudre. Portrait d’un passionné, Quentin Barbot, la forme et le fond.

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La Suède en kit : Pourquoi et comment es-tu arrivé en Suède ?

Nous venons, ma compagne et moi, en novembre 2018, pour un voyage découverte en vue d’une expatriation et malgré la grisaille ambiante, le ciel bas et pluvieux, Stockholm est un gros coup de cœur. Loin de notre quotidien marseillais, nous apprécions le cadre de vie, la proximité de la nature, l’omniprésence de l’eau et et ce merveilleux sentiment d’espace et d’air pur. Et en avril suivant, enthousiaste, heureux et la tête remplie de projets, je prends mon poste d’adjoint de direction à Kungens Kurva. Je m’installe, la mise en place de la politique commerciale et la formation ainsi que l’accompagnement de mes collaborateurs m’occupent à plein temps. Je travaille matin, midi et soir. J’y vais à fond, perfectionniste je m’investis, j’apporte mes compétences et mon savoir faire. J’essaie de socialiser mais je me heurte à un mur. C’est la cata ! Dans cet environnement non-francophone, mon anglais moyennement maîtrisé me joue des tours, ma conception des rapports hiérarchiques à la « française » passe mal auprès de mon équipe. Je n’ai pas le code de communication et je me plante ! Mon amour propre en prend un coup, mais après six mois difficiles à Kungens Kurva, la confiance est rompue. Je rentre en France, retour à la case départ.

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C’est violent, mais salutaire et cela me déclenche une profonde introspection ! Je me remets en question, j’analyse le choc culturel et professionnel. Pendant le confinement, ma compagne infirmière bosse comme une malade, je me sens un peu sur la touche, j’en profite pour perfectionner mon anglais et approfondir mes connaissances en gestion, management d’équipe et de ma place au sein de celle-ci. La Suède nous manque. Nous revenons en vacances pour la midsommar en juin et également en décembre 2021. J’apprends via un ancien collègue rencontré lors de l’ouverture du nouveau magasin de l’enseigne au Mall of Scandinavia, à laquelle j’avais participé, qu’un poste correspondant exactement à mon profil est vacant. Je ne veux pas rester sur un sentiment d’échec avec la Suède. La conception suédoise des valeurs de l’entreprise m’a gagné. J’ai appris de mes erreurs, je suis prêt à revenir en toute humilité et nous revenons. Je prends des cours de suédois. Cette fois, tout baigne avec mes équipes, je ne suis plus le référent franco-français, j’ai intégré la culture de l’entreprise à la suédoise avec ses prises de décisions en concertation, de gestion à l’horizontale dans un environnement professionnel bienveillant. Le magasin marche très bien, nous avons d’excellents retours de nos collaborateurs et de nos consommateurs. Je suis doublement heureux car depuis peu, je suis papaledig de ma fille née ici à Stockholm et preuve ultime de mon intégration culturelle à notre pays d’accueil, j’ai la silhouette de Stockholm par une nuit d’été, tatouée sur mon bras.

La Suède en kit : Où seras-tu et que feras-tu dans 5 ans/10 ans ?

J’ai bien envie de voir ma fille grandir ici un temps mais, nous restons ma compagne et moi, ouverts à d’autres propositions et opportunités vers de nouvelles aventures. À trente ans, on a la vie devant nous.

© R. Bodin

 

A propos Sylvie R 165 Articles
En Suède depuis plus d' une trentaine d'années, j'ai habité Uppsala, Ultrå à côté d'Örnsköldsvik et Torserud dans le comté de Värmland, vit depuis 20 ans à Nacka. Après trois décennies comme enseignante titulaire au Lycée Français Saint-Louis, je suis doula, coach de grossesse et accouchement à Stockholm. J'adore écrire et aime partager mes bons plans et bons coins en Suède.

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