Je panse donc je suis ! Thibaud et Laure portraits santé croisés

Médecin
©Elliott Elliott/imagebank.sweden.se

S’ils ont en commun leurs formations médicales suivies en France, leur arrivée en 2017, l’un est venu en Suède pour exercer son métier dans un pays qui en reconnaît la valeur et l’autre pour rejoindre son conjoint. Dans les deux cas, ils ne regrettent rien ! La Suède serait-elle le nouvel eldorado du paramédical et des métiers de santé ? Portraits croisés de ceux qui ont enfilé les blouses bleues du Stockholms landsting : Thibaud Piwko, infirmier et Laure Bertrand, kiné.

La Suède en kit : Pourquoi et comment êtes-vous arrivés en Suède ?

Thibaud : Après un Erasmus en Norvège et la découverte du quotidien des personnels de santé dans le milieu hospitalier dans les pays scandinaves, je sais que c’est ainsi que je veux vivre mon métier, avec cette prise en charge des patients et le véritable travail d’équipe entre médecins, infirmiers et toute la chaîne de soin. Je m’installe à Stockholm en suivant ma copine de l’époque. Avec mon diplôme d’infirmier croix rouge en poche, malgré mon niveau de suédois balbutiant, je décroche un emploi d’aide-soignant à l’hôpital de Nacka dans un service de gériatrie. Mes collègues, qui bataillent à prononcer mon prénom, m’aident dans mon apprentissage du suédois médical et quotidien. Après un an et avec le soutien de mon chef de service, je décide de faire valider mon diplôme d’infirmier. Le matin, je travaille à l’hôpital et le reste du temps, j’apprends, je bûche, je bachote à fond mon suédois. Je dois être capable de mener une consultation et dialoguer avec les patients, et bien sûr maîtriser le lexique médical. Je prends quelques cours chez “Settle in Stockholm”, une école de langue spécialisée. Ma situation financière et le prix élevé de leur prestation me poussent à me débrouiller seul. Je dois atteindre le niveau C1, c’est dur mais je m’accroche. Je me présente donc en candidat libre et je l’ai ! Grâce à ce sésame, et après avoir fait certifier mon diplôme français par un traducteur agréé, je peux enfin demander mon équivalence de compétences et obtenir la légitimation auprès de Socialstyrelsen. Maintenant, j’ai pris des galons et des responsabilités, je gère l’introduction d’élèves infirmiers et l’installation de nouveaux personnels. Mon salaire brut suédois d’infirmier débutant fait pâlir d’envie mes collègues de France, même avec un coût de la vie supérieur. Je suis vraiment gagnant, j’évolue dans un milieu hospitalier qui respecte mes compétences, m’offre des formations, je suis plus autonome et je fais intégralement partie de l’équipe de planification. Je fais un métier utile en adéquation avec mes valeurs.

© S.Renard

Laure : Mon compagnon est depuis 2016 entraîneur de l’équipe de tennis de table de Stockholm, je quitte Mulhouse et mon poste de kiné à l’hôpital, en pédiatrie et médecine du sport pour le rejoindre. Dès mon arrivée, je me mets au suédois avec l’appli Babbel, puis j’enchaîne avec SFI. Je dois valider le niveau C1 ou SAS 3, cela demande beaucoup d’investissement, pas facile mais je suis déterminée et en mai 2019, c’est bon ! Après l’obtention de mon équivalence au Socialstyrelsen, ma légitimation en poche, je recherche un emploi. Les postes disponibles sont axés sur le 3ème âge et ne me tentent guère. Heureusement, une collègue française a ouvert la voie pour les kinés grâce à la qualité de son travail et grâce à elle, la valeur professionnelle de notre formation est appréciée. Audrey B.B. a laissé un excellent souvenir à l’équipe Aleris de Skärholmen, qui m’a recrutée.

Nous sommes deux kinés françaises. En Suède, le kiné fait partie de l’équipe de soin, le patient est acteur de sa thérapie, il est davantage responsabilisé. Il n’y a pratiquement personne en libéral, donc, je suis salariée et rémunérée au mois. En France, l’acte de kiné n’a pas été revalorisé depuis 30 ans, il faut faire du chiffre en libéral pour avoir un revenu décent ou accepter d’être mal payé dans le public, ici mon salaire est intéressant. C’est un bonheur de travailler, les dossiers médicaux sont sur le même logiciel, finis les problèmes de comptabilité et d’administration, tout roule !

©Laure Bertrand

La Suède en kit : Où serez-vous et que ferez-vous dans 5 ans/10 ans ?

Thibaud : J’ai envie de découvrir d’autres régions et je me vois bien bosser comme intérimaire dans le nord ou sur une plate-forme pétrolière en Norvège. Je finalise sinon mon “agence clefs en mains” pour les personnels de santé français souhaitant venir travailler en Suède. Le pays est attractif.

Consultez le site de Thibaud : Vivre en Suède.

Laure : Pour le moment, on reste ici car on y est bien, ensuite, tout dépend du club de ping-pong de mon mari. Professionnellement, je veux davantage exercer en pédiatrie car j’adore ce contact avec les plus jeunes.

 

©A.Donguy

 

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A propos Sylvie R 157 Articles
En Suède depuis plus d' une trentaine d'années, j'ai habité Uppsala, Ultrå à côté d'Örnsköldsvik et Torserud dans le comté de Värmland, vit depuis 20 ans à Nacka. Après trois décennies comme enseignante titulaire au Lycée Français Saint-Louis, je suis doula, coach de grossesse et accouchement à Stockholm. J'adore écrire et aime partager mes bons plans et bons coins en Suède.

2 Commentaires

  1. Bonjour, tout d’abord merci pour tout le travail effectué via ce site ! Avec mon conjoint, nous comptons emménager en Suède cet été, dans le Småland. Il est manipulateur en radiologie (expérimenté) et espère pouvoir y trouver un poste (après avoir également appris le suédois). Est-ce que quelqu’un de la communauté aurait une idée du salaire moyen d’un manip radio en Suède ? Merci beaucoup 🙂

    • Bonjour Charlotte,
      Ce sont les “röntgentekniker” et la moyenne salariale semble se situer autour de 30 000 sek brut.

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