Majblomman, la petite fleur qui finance l’enfance en Suède

Dès que le printemps pointe le bout de son nez, vous les voyez fleurir partout : sur les revers de vestes, les sacs à dos ou les poussettes. La « Majblomma » (fleur de mai) est bien plus qu’une simple broche colorée ; c’est une institution nationale qui, depuis 1907, mobilise les enfants pour venir en aide aux enfants.

Une tradition centenaire née d’une idée simple

Tout commence à Göteborg au début du XXe siècle. Beda Hallberg, une femme engagée, cherche un moyen de financer la lutte contre la tuberculose, qui fait alors des ravages. Elle imagine une petite fleur artificielle vendue à bas prix pour que tout le monde puisse participer. Le succès est immédiat : la première année, 139 000 fleurs sont vendues.
Aujourd’hui, si la tuberculose a disparu, la précarité enfantine reste le combat de l’organisation. L’argent récolté permet de financer des activités sportives, des sorties scolaires ou du matériel que certaines familles ne peuvent pas s’offrir.

Comment ça marche ?

Chaque année, le design de la fleur change (les couleurs sont choisies par les enfants eux-mêmes via un concours). La vente est assurée par des milliers d’écoliers et de scouts à travers tout le pays.
  • L’aspect pédagogique : C’est souvent la première expérience de « petit boulot » pour les enfants suédois. Ils apprennent à aborder les gens, à gérer une caisse (ou désormais un QR code Swish) et reçoivent une petite commission sur leurs ventes.
  • La solidarité de proximité : L’argent collecté dans une commune reste prioritairement au profit des enfants de cette même zone.

Pourquoi en acheter une ?

Au-delà de l’aspect caritatif, porter la Majblomman est un signe d’intégration sociale en Suède. C’est un geste qui dit : « Je soutiens la jeunesse locale ». C’est aussi une collection : certains Suédois gardent précieusement leurs exemplaires année après année.

Infos pratiques pour les parents (et les curieux)

  • Quand ? La vente débute généralement à la mi-avril et dure environ deux semaines.
  • Combien ? La fleur classique coûte quelques dizaines de couronnes (souvent 50 SEK). Il existe aussi des pin’s et des autocollants.
  • Où ? Devant les supermarchés, dans les gares, ou tout simplement via vos voisins si leurs enfants participent à la collecte.
Alors, cette année, ne soyez pas surpris si un enfant vous tend une petite boîte colorée à la sortie du ICA : c’est le printemps suédois qui arrive, et c’est pour la bonne cause !

L’info en plus : Le record historique de Murhaf Hamid

L’année 2023 a marqué l’histoire de l’organisation grâce à Murhaf Hamid, un garçon de 11 ans (à l’époque) originaire de Glimåkra. Son histoire a ému toute la Suède : alors qu’il faisait face à des commentaires racistes en ligne durant sa collecte, un immense élan de solidarité nationale s’est formé autour de lui.
  • Un chiffre vertigineux : Murhaf a vendu pour plus de 5 millions de couronnes de fleurs à lui seul.
  • L’effet Murhaf : Grâce à cet engouement, la collecte globale a atteint un record de 71,6 millions de SEK en 2023, avant de franchir un nouveau cap historique en 2024 avec plus de 100 millions de SEK récoltés.
  • Une belle fin : Devenu une célébrité nationale, Murhaf et sa famille, qui étaient demandeurs d’asile, ont obtenu un permis de séjour permanent en Suède en 2024.

Besoin d’un coup de pouce ? Comment demander de l’aide ?

Si vous connaissez une famille en difficulté ou si vous l’êtes vous-même, sachez que l’argent de la Majblomman est là pour ça. L’aide peut être sollicitée pour des besoins concrets : une veste d’hiver, des chaussures de sport, des frais d’activités périscolaires ou même un goûter d’anniversaire.
  1. Trouver votre section locale : Les demandes sont traitées par la lokalförening de la commune où l’enfant est enregistré (folkbokförd).
  2. Remplir le formulaire : Vous pouvez postuler en ligne sur le site officiel de Majblomman ou via un formulaire papier à imprimer.
  3. Fournir un justificatif : Un « intyg » (attestation) est requis. Il peut être rédigé par un professionnel qui connaît la situation de l’enfant : infirmière scolaire, travailleur social, entraîneur sportif ou encore un conseiller scolaire.
  4. Âge limite : Le soutien est possible jusqu’à l’année des 18 ans de l’enfant.
Le modèle de l’édition 2026 a été dessiné et réalisé par Leia Sandell et Saga Laventzakis de Järfalla.
A propos Noemie G 80 Articles
Installée en Suède depuis 20 ans, j'ai à coeur de mettre à profit mon expérience et de partager mes impressions sur la Suède !

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