Etudier en Suède, une réelle différence

Université de Malmö
©Kentaroo Tryman/imagebank.sweden.se

Qui n’a jamais entendu parler en France « des systèmes éducatifs scandinaves chez qui nous avons beaucoup à apprendre » ? À tant avoir vanté l’éducation suédoise de la sorte, j’ai inconsciemment eu envie de le constater de mes propres yeux. Retour d’expérience.

Parce que oui, après une année universitaire en Bourgogne, en France, j’ai décidé de changer complétement de perspective et me voici donc dans le Sud de la Suède pour la poursuite de mes études (hors cadre Erasmus). Ainsi, en l’espace de presque deux ans, j’ai pu observer deux types de fonctionnement éducatif dans deux pays différents. Assez rapidement, je me suis rendue compte des dérives du système français et des failles du système suédois. Cependant, je me contenterai ici de résumer les plus grandes différences. En effet, il est pour moi assez compliqué d’observer des similitudes, car j’ai la sensation d’avoir vécu et de vivre encore deux sortes d’extrêmes ce qui est à la fois déstabilisant et enrichissant. Ceci ne reste que mon opinion sur la question, car tout ceci diffère probablement aussi selon l’établissement et le domaine d’étude.

Université de Malmö
©Juliette G

Un planning plus que léger : un concept 

Premièrement, je dirai que la plus grande différence entre la France et la Suède réside dans la façon dont les semaines de cours sont organisées. C’est indéniable, en Suède, il y a définitivement moins d’heures de cours qu’en France. Si en France la moyenne est de 25 heures de cours par semaine en université, en Suède c’est une moyenne de 8 heures — par semaine, pas par jour ! C’est d’ailleurs toujours cette différence qui me déstabilise le plus : avec cette légère honte quand il est question de raconter une semaine typique en Suède à mes amis français encore en fac ou en prépa. Par contre, en Suède, il y a nettement moins de vacances (eh hop là, j’ai toute suite l’air moins paresseuse). En effet, pas de vacances de Pâques, ni de vacances de Toussaint. De plus, les cours se clôturent début juin, non fin avril comme c’est le cas dans les universités françaises.
L’idée derrière ce concept est, qu’avec moins de cours, il y a plus de temps pour les projets personnels, les activités hors classe, ou pour un job étudiant. C’est un système qui valorise l’indépendance. Nous sommes davantage responsables de notre futur et de comment nous voulons nous organiser. De cette même façon, il y a aussi plus d’associations étudiantes: centrées sur l’environnement, la vie étudiante, les voyages, mais aussi les affaires étrangères etc. Ce système suédois permet également d’ajouter des cours supplémentaires, un peu comme une option. Il y a ainsi la possibilité de modeler facilement son emploi du temps.

Étudiants en Suède
©Magnus Liam Karlsson/imagebank.sweden.se

Une université plus humaine

Par ailleurs, la différence dans la façon d’enseigner est tout son contraire. Si dans la fac en France, nous nous retrouvions facilement à 500 dans un amphi, ici nous n’excédons pas les 70 étudiants. L’impression de n’être qu’un numéro où le professeur n’a pas la moindre idée de qui tu es est vite passée en Suède. Ainsi, la relation prof-élèves est beaucoup moins hiérarchisée qu’en France. Cela peut aussi s’expliquer par la suppression du vouvoiement : le professeur est donc accessible, et il est tout à fait possible d’interrompre le cours si nous ne comprenons pas quelque chose. Cela crée ainsi un espace libre de parole, sans peur d’être jugé.

No stress

A propos d’examens et de partiels, la différence est également importante. En France, il y a une petite partie comprenant le contrôle continu puis tout se joue à la fin du semestre avec une semaine entière consacrée aux examens sur table. En Suède, tout n’est qu’un contrôle continu avec différents types d’examens étalés sur le semestre : exposé, examen sur table, devoir maison etc. Beaucoup moins de stress à la clé ! Et puis, pas de soucis à se faire, les crédits européens attribués par les deux universités sont les mêmes.

Une université internationale

Même si je doute que cela soit propre à la Suède mais plutôt une spécificité de Malmö, j’ajouterai que je suis toujours émerveillée par le nombre de nationalités représentées dans mon université.

En ce qui me concerne, je suis beaucoup plus à l’aise avec ce système suédois plus proche d’un bachelor anglais que d’une licence en université. Cela ressemble quelque peu au lycée finalement.  C’est une idée d’étude plus proche de ce que je recherchais, plus centrée sur l’individu, sur ses projets etc.  Mais tout n’est qu’une question de préférence tout compte fait.

A propos Juliette G 7 Articles
En Suède depuis peu, je suis désormais étudiante à Malmö. J'aime découvrir de nouvelles façons d'appréhender ce qui m'entoure, et je trouve très intéressant d'être imprégnée dans une culture différente. C'est une ouverture directe sur le monde!

2 Commentaires

  1. Bonjour. Tout d’abord je voudrais vous remercier pour ce super article qui m’a beaucoup éclairé et permis de voir la différence entré les universités suédoises et françaises.
    Par contre, j’ai une question qui me turlupine depuis un bon moment : peut on choisir des cours 50 % en suédois et 50% en anglais même quand on ne métrise pas la langue? Il y -t il des cours de « remise à niveau » en suédois pour les élèves étrangers?

    Merci de votre compréhension.

    • Bonjour Julie,

      Il n’est pas possible de suivre les cours dans l’une ou l’autre langue : soit le cours est 100 % en anglais, soit 100 % en suédois.
      Il existe des cours de suédois pour étrangers, certaines écoles exigent même que les étudiants les suivent. Le plus simple est de te renseigner auprès de l’université qui t’intéresse.

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