Bienvenue au Disgusting Food Museum

Jus de tomate et œil de mouton (Mongolie)
©juliettegrbs. Jus de tomate et œil de mouton (Mongolie)

Manger une araignée grillée ou une soupe de cerveau ? Ouvert il y a peine quelques semaines à Malmö, ce musée inédit a créé de nombreuses réactions autour du globe. Nous l’avons testé pour vous.

Premier musée de ce genre au monde

Depuis sa récente ouverture, ce musée, pour le moins original, connaît beaucoup de succès. Nous avons rencontré son créateur, Andreas Ahrens. Sur le point d’ouvrir un autre musée aux Etats-Unis dans quelques semaines, il a pour objectif d’en ouvrir dix autres dans le monde ! Le concept derrière ce musée ? Montrer que la nourriture que l’on trouve répugnante ici ne l’est pas nécessairement ailleurs. En effet, si le sentiment de dégoût est partagé tout autour du globe, cette émotion se déclenche différement selon l’individu. « L’idée n’est pas de se moquer d’autres cultures, mais juste de voir la nourriture que nous consommons sous un nouvel angle », nous confie le créateur.

Disgusting Food Museum à Malmö
©juliettegrbs

De la Chine jusqu’au Mexique, en passant par l’Italie, un grand nombre de coutumes culinaires sont représentées dans le musée de Malmö, où l’on vise à aller au-delà des a priori et du sentiment de dégoût. Pas étonnant du coup que les cuisses de grenouille mais aussi les fromages puants de la France y figurent ! De plus, Andreas Ahrens souhaite que son musée fasse réfléchir sur les méthodes de production de certains plats, par exemple par le biais de quelques images choc sur la maltraitance des oies lors de la production du foie gras. Par ailleurs, des produits ultra-chimiques et des viandes crées en laboratoire sont exposés pour montrer « qu’il est nécessaire de trouver des alternatives à ce que nous consommons ». Que signifie le mot dégoutant/répugnant finalement ? Le musée nous en esquisse une réponse : tout n’est qu’une question de culture et d’habitude.

Le ticket d’entrée ? Un sac de vomi en papier

Fruit Durian (Asie); Haggis (Ecosse); liqueur de souriceaux et pénis de taureau (Chine). ©juliettegrbs.

Installé dans un ancien abattoir, ce musée commence par une citation qui donne l’eau à la bouche : « so close you can almost smell it » (si près qu’on peut déjà le sentir). Muni.e.s de notre sac de vomi – au cas où – et très intrigué.e.s, l’aventure au milieu du dégoût ne fait que commencer.

Tout autour de nous se trouvent des assiettes et des mets issus de différentes cultures et traditions. Pénis de taureau, fromages puants, cerveau de singe, liqueur de serpent, cochons d’inde grillés… Il est certain, ce musée est loin de nous ouvrir l’appétit : tout son contraire ! Des spécialités atypiques aux mets mijotés lors d’occasions particulières, des Etats-Unis jusqu’en Suède en passant par l’Argentine, on en voit à toutes les sauces.

Toutefois, ce musée divertisant est aussi instructif. En effet, une explication est livrée à chaque stand où nous en apprenons davantage sur le met présenté. Il est également possible de sentir quelques aliments pour les plus courageux d’entre vous !

L’épreuve de courage : la dégustation

« Pour l’instant, seulement deux personnes ont vomi ». Sur ces mots rassurants sonne le début d’une dégustation très particulière. Andreas Ahrens, assisté de sa collègue, nous présente ses ingrédients du moment éparpillés sur la table. Au menu du jour : requin fermenté, insectes grillés, fromage issu d’une fermentation dans le ventre d’une chèvre, réglisse extra-salé, jus de chou amère, œufs périmés… Un menu à en faire pâlir nos gastronomes ! Tout le monde retient son souffle : intrigué.e mais inquiet.e de ce qu’i.el est sur le point de mettre dans sa bouche.

Requin fermenté
©juliettegrbs

A l’idée de tester ces étranges aliments dont certaines populations raffolent, certains ont déjà des hauts-le-cœur. D’autres, prenant leur courage à deux mains, goutent du Hákarl sans cligner des yeux. Ce requin fermenté – qui a produit le plus de réaction parmis les visiteurs – est une spécialité islandaise.  « Vous voyez, ce qui est répugnant pour l’un, ne l’est pas nécessairement pour l’autre ».
Cependant, que ce soit sur l’aspect, l’odeur ou le concept : chaque met est… inédit.

Pour conclure la dégustation, il faut se rendre dehors. La raison ? L’odeur. En effet, « c’est la seule odeur à laquelle on ne s’est toujours pas habitués », nous confient les organisateurs. Nous découvrons ainsi le fameux met suédois : le  surströmming (harengs fermentés). Nous comprenons très vite pourquoi ce met est celui qui a suscité le plus de vomi. Dès la première incision dans la boite de conserve, le public conquis roule déjà des yeux.

Dégustation de sustömming (à l'extérieur)
©juliettegrbs

Après la dégustation, un visiteur confesse : « j’ai encore la sensation dans la bouche, l’odeur, le goût : je n’ai jamais rien gouté de pire ». Succès garanti ! Si ce musée est très divertissant, il remplit un objectif précis : faire réfléchir ses visiteurs (après avoir retrouvé l’appétit, bien sûr !). Ce musée temporaire ne restera ouvert jusqu’en janvier : alors, accepterez-vous le défi ?

Informations pratiques :

©juliettegrbs

Horaires d’ouverture : du mercredi au samedi de 12h à 18h

Pour la dégustation : du mercredi au vendredi à 17h, samedi et dimanche à 13h et 15h

Tarif : 185 kr pour les adultes, 150 kr pour les étudiants, gratuit pour les enfants

Adresse : Slagthuset, Carlsgatan 12

Site internet : https://disgustingfoodmuseum.com/

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A propos Juliette G 6 Articles
En Suède depuis peu, je suis désormais étudiante à Malmö. J'aime découvrir de nouvelles façons d'appréhender ce qui m'entoure, et je trouve très intéressant d'être imprégnée dans une culture différente. C'est une ouverture directe sur le monde!

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