The New Force (Skiftet), la nouvelle série suédoise sur Netflix

Le 3 octobre 2025, la plateforme Netflix a lancé The New Force, une mini-série dramatique suédoise en six épisodes, première du genre « période historique » produite en Suède pour Netflix.
L’histoire se déroule en 1958, dans le quartier difficile de Klara, à Stockholm — un quartier réputé pour sa criminalité.

Le pitch : Des pionnières en uniforme

La série suit trois femmes policières ; Carin Eriksson, Siv Morell et Ingrid Gustafsson;  premières recrues féminines « officielles » de la police suédoise, dans un contexte où la mixité est encore une nouveauté.

Elles sont confrontées à un quotidien très dur : mépris de leurs collègues, condescendance de la presse, hostilité de la société… Leurs uniformes avec jupes et des chaussures peu confortables reflètent les contraintes de l’époque.
Mais surtout, elles doivent prouver qu’elles sont de vraies policières : patrouilles de nuit, arrestations, enquêtes dans les rues de Klara.

Dans le premier arc narratif, un meurtre, celui d’une travailleuse du sexe, vient mettre à l’épreuve leurs compétences, leur détermination, et l’environnement hostile dans lequel elles évoluent.

Une série historique sur l’émancipation féminine

The New Force raconte un tournant crucial de l’histoire de la police suédoise : l’intégration des femmes dans des rôles « masculins » . Jusque-là, les femmes (souvent infirmières ou assistantes sociales) n’intervenaient que sur des affaires concernant des femmes ou des enfants. 
En 1958, ces femmes deviennent agents de terrain à part entière, un symbole fort de progrès social et d’égalité des genres.

Une plongée dans le Stockholm des années 50

À travers les rues du quartier Klara, la série restitue l’atmosphère de l’après-guerre, avec ses quartiers populaires, sa misère sociale, ses préjugés de genre et ses défis criminels. Le contraste entre la tradition patriarcale et la modernité naissante ajoute une dimension dramatique forte à la série.

Portraits de femmes courageuses et complexes

Carin, Siv et Ingrid ne sont pas des héroïnes idéalisées : ce sont des femmes avec des aspirations, des peurs, des blessures, des contradictions. On suit leur évolution professionnelle et personnelle dans un milieu hostile, ce qui rend l’histoire plus intimiste et touchante.

Réception & limites

Dès sa sortie, The New Force a suscité l’intérêt, comme nouveauté nordique ambitieuse, mais aussi des critiques nuancées.
Si le concept de femmes pionnières, l’ ambiance historique et le contexte social sont salués, certains jugent que le mélange entre drame policier et drame social ne parvient pas toujours à trouver un bon équilibre.

La série brille surtout par son parti-pris de montrer l’impact du sexisme institutionnel, les obstacles quotidiens à l’émancipation, et les réalités du Stockholm des années 50, ce qui en fait un témoignage fort autant qu’un divertissement.

Musique moderne :  un mix qui fonctionne ou une immersion cassée ?

Le show ne se contente pas d’un accompagnement musical historique typique des années 1950. Il mélange musique d’époque (jazz, swing, jive…) avec des morceaux modernes. Il y a par exemple un morceau moderne de rap dans la BO, “Good Cop, Bad Cop” par MopDukes.  Ce contraste donne une dimension contemporaine et “pertinente” à l’histoire, comme pour rappeler que les questions d’égalité, de sexisme et de pouvoir qu’on y voit résonnent encore aujourd’hui.

À savoir avant de regarder la série

  • Durée modeste : 6 épisodes d’environ 40 minutes chacun — cela en fait un bon « binge » pour un week-end.

  • Langue : suédois (sous-titres disponibles selon votre configuration Netflix).

  • Ton : mélange de drame historique, tension policière, et ambiance sociale.

  • À voir si l’idée d’un polar « réaliste » dans un cadre historique vous attire.

 

Les + 

+ L’enquête centrale (notamment autour du meurtre d’une prostituée) s’intègre bien à la dimension sociale.
Elle sert de fil conducteur et permet de mettre en valeur les qualités professionnelles des trois policières.

+ La série montre intelligemment comment ces femmes sont constamment mises à l’épreuve par leurs collègues masculins, par les journalistes, par la société, et par leurs propres doutes.

+ Le jeu des actrices est particulièrement juste et contribue à l’attachement qu’on peut ressentir pour elles.

+ La série réussit à montrer l’ampleur des obstacles rencontrés par ces pionnières : uniformes inconfortables pensés pour « rester féminines » ; missions limitées car souvent jugées « trop dangereuses » pour elles ; moqueries, humiliations ou mises à l’écart ; scepticisme général sur leur capacité à faire le même travail que les hommes.

Cet angle rend la série profondément actuelle malgré son cadre historique.

Les – moins

–  Si certains collègues masculins sont bien écrits, d’autres peuvent sembler un peu trop stéréotypés dans leur hostilité ou leur sexisme. Cela renforce le propos mais peut être au détriment de la nuance dramatique.

– La série ne compte que six épisodes d’environ 40 minutes. Cela permet un rythme efficace mais limite le développement de certains arcs secondaires. Cela aurait sûrement permis de rentrer plus en profondeur dans relations entre personnages.

Peut-être une suite ?

 

A propos Noemie G 62 Articles
Maman de deux franco-suédoises, j'ai à coeur de mettre à profit mon expérience et de partager mes impressions sur la Suède, conseils et idées de sorties !

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