Sirop, bonbons cristallisés, décoration de pâtisseries… la nature suédoise offre en ce moment l’une de ses plus belles ressources printanières. Si vous vous promenez en ce moment en Scanie ou sur l’île d’Öland, et dans une moindre mesure dans le reste du Götaland, il y a de bonnes chances que vous croisiez ces petites fleurs mauves discrètes sans leur prêter attention. C’est une erreur que nous allons corriger ensemble !
La violette sauvage : de quoi s’agit-il exactement ?
La violette odorante (luktviol) est une plante vivace qui fleurit dès le début du printemps, souvent avant même que d’autres fleurs sauvages aient fait leur apparition. On la reconnaît à ses feuilles en forme de cœur, à ses fleurs à cinq pétales d’un violet-bleu profond (parfois blanchâtres), et à son léger parfum sucré qui lui a valu son nom. Ce qui en fait une découverte précieuse, c’est qu’elle est entièrement comestible : fleurs comme feuilles. Les premières apportent couleur et saveur florale, les secondes peuvent être incorporées crues dans une salade ou cuites comme légume vert.
Où les trouver en Suède ?
Les violettes sauvages affectionnent les endroits semi-ombragés et relativement humides. On les trouve principalement dans le sud du pays (Scanie, Blekinge, Småland, Öland…) mais elles peuvent apparaître bien plus au nord lors des années douces. Cherchez-les dans vos jardins, mais aussi en lisière de forêts de feuillus, sous les haies, au pied des vieux murs ou le long des chemins forestiers. Elles poussent souvent en petits groupes denses et peuvent tapisser un talus entier si les conditions leur conviennent.

Ce que l’on peut en faire
C’est là que réside tout l’attrait de cette cueillette printanière. Les violettes sauvages se prêtent à de nombreuses préparations, aussi bien pour leur goût subtil floral, légèrement sucré, que pour leur couleur remarquable. On peut en faire un sirop floral, des bonbons cristallisés, décoration de pâtisseries, en salade printanière, en infusion, mais aussi en glaçons floraux !
Parmi toutes ces utilisations, c’est sans doute le sirop qui reste la préparation la plus répandue :
Remplissez un bocal de fleurs fraîches (environ 100 à 150 g). Versez dessus de l’eau chaude à peine refroidie, couvrez et laissez infuser 24 heures. Filtrez, pesez le liquide obtenu, puis ajoutez le même poids en sucre. Faites chauffer doucement jusqu’à complète dissolution. Hors du feu, ajoutez quelques gouttes de jus de citron et observez la couleur évoluer sous vos yeux : le sirop, d’abord d’un beau bleu-violet, vire instantanément au rose vif au contact de l’acidité.

Quelques précautions avant de cueillir
1. Identifiez la plante avec soin. La violette sauvage est assez reconnaissable, mais prenez le temps de vérifier : feuilles en cœur, fleurs à cinq pétales légèrement asymétriques, taille modeste (et elle sent la violette !). En cas d’hésitation, consultez un guide botanique ou une application dédiée.
5. Consommez rapidement ou conservez au réfrigérateur entre deux feuilles de papier légèrement humide. Les fleurs fraîches ne se conservent guère au-delà de deux ou trois jours.
Un droit que peu de pays accordent : l’Allemansrätten
En Suède, le droit de cueillette est protégé par l’Allemansrätten, ce principe fondateur qui autorise chacun à circuler librement dans la nature et à récolter plantes, baies et champignons, dans le respect du milieu naturel et de la propriété privée. Les violettes sauvages s’inscrivent pleinement dans ce cadre. C’est l’une des richesses de la vie quotidienne en Suède que l’on ne mesure souvent qu’une fois sur place !

La prochaine fois que vous traverserez un bois ou longerez une haie en ce début de printemps, gardez l’œil au sol. Ces petites fleurs mauves qui semblent presque insignifiantes méritent largement qu’on s’y attarde et elle n’attend que vous !
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