Portrait — Olivier Truc

Olivier truc, Le dernier Lapon

En donnant les rôles principaux à la police des rennes dans son roman traduit en 18 langues et primé plusieurs fois, il a contribué à promouvoir l’histoire et la culture sames. Enquêtant sur les milieux d’ extrême droite en Europe, il se lance dans la BD, tout en restant journaliste, il prépare son prochain roman, enchaîne les signatures et les conférences. Rencontre avec Olivier Truc, une tête bien faite et bien pleine, qui bouillonne de projets littéraires.

La Suède en Kit : Pourquoi et comment êtes-vous arrivé en Suède ?

Olivier Truc : Je suis venu en 1992  de Montpellier une première fois et en 94, j’ai déménagé à Stockholm par amour. Pigiste au Midi-Libre, j’avais déjà travaillé avec TF1 et Libération comme journaliste. Alors après être passé par SFI, j’ai fait des papiers pour Le Point en free-lance, j’étais correspondant pour divers quotidiens francophones. Pendant un an, j’ai fait Info-matin, écris pour La Croix, j’ai bouché les trous rédactionnels de journaux belges et suisses aussi. Je deviens correspondant officiel de Libé en 98.

Parallèlement, je fais des recherches sur les milieux néo-nazis en Suède pour un projet de documentaire, finalement diffusé sur Arte et France 5. J’aime le journalisme d’investigation et je collabore avec différentes boîtes de production pour l’écriture de documentaires-télé. Je fais des reportages, je rédige plusieurs scénarios comme documentariste, publie des articles et deviens le correspondant du Monde en 2005.

Je n’ai jamais été salarié, j’avance, ça passe ou pas. Je veux vivre de ma plume. J’aime l’état d’excitation intellectuelle que me procure les recherches que je dois réaliser en amont de l’écriture. J’écris des nouvelles  sur le centenaire de la révolution bolchévique et sur 68 pour une commande du Monde. Me frotter à différents exercices d’écriture et à d’autres types de création me stimule.

Olivier Truc
Olivier Truc © Christelle Guillaumot

J’interviens également en tant que formateur dans des écoles de journalisme sur les techniques de reportage et d’investigation. Avec un co-scénariste, j’ai publié une BD de polar réaliste « Infiltrés », écrite sur un groupuscule d’extrême-droite danois infiltré par les services spéciaux. En ce moment, je développe une série en trois tomes autour du thème des réfugiés, ce sont des problématiques qui me m’engagent particulièrement.

J’aime les défis. Quand j’ai écrit « Le Dernier Lapon », je voulais raconter cette histoire, elle m’habitait, que ca marche ou pas. « La Police des rennes », j’en avais envie et j’avais un besoin vital d’aller au bout de mon idée, d’écrire, décrire et d’écrire. Plein de gens se sont retrouvés dans ce bouquin et j’ai été le premier surpris par l’engouement qu’il a suscité. Télérama l’avait élu « meilleur polar de la rentrée » et du jour au lendemain, je me retrouve propulsé à France-Inter dans l’émission L’humeur Vagabonde à parler sur la thématique same, j’avais le trac. Puis j’ai enchaîné les signatures et les rencontres avec mes lecteurs. Deux autres auteurs édités chez Métailié, ma maison d’édition, discutaient avec moi du devenir possible de la relation entre Nina et Klemet, lors d’un repas commun. Que mes personnages engagent ces lecteurs-là et vivent en quelque sorte à travers leurs lectures multiples est un sentiment complexe extrêmement gratifiant pour un auteur. Le premier tome de « La Police des rennes » a été traduit en 18 langues, le coréen étant la dernière.

En ce moment, je suis en gestation de mon prochain roman, je reste dans l’univers same mais je change d’époque, le XVIIème siècle. C’est la phase d’élaboration, je fais des recherches dans différents pays, je prends des notes partout et tout le temps, j’avance dans l’écriture du synopsis. J’ai la tête farcie de faits historiques, de morceaux de récits, j’accumule les infos et les données. Pour digérer ces strates de connaissances nouvelles, je fais des fiches, je remplis des carnets et j’établis des cartes heuristiques. Ce projet d’écriture sur fond historique de la colonisation de la Laponie me passionne et je porte cette histoire en moi depuis 8 ans, c’est une forte charge émotionnelle et un engagement intellectuel qui demande à aboutir. Alors, après une ultime reconnaissance historique prévue à Arjeplog, je commence l’écriture cet été, mes doigts fourmillent de tout les mots, je suis prêt !

Romans d'Olivier Truc

La Suède en kit: Où serez-vous et que ferez dans 5 ans/10 ans ?

Olivier Truc : Je ne sais pas où je serai. Mais je sais que j’écrirai. J’écrirai car je ne sais rien faire d’autre.

Note de la rédactrice : « Le Dernier Lapon » a été récompensé par une vingtaine de prix, la série sur la police des rennes se poursuit avec « Le Détroit du Loup » et « La Montagne Rouge » sorti l’année dernière.

 

A propos Sylvie R 54 Articles

En Suède depuis 33 ans, j’ai habité Uppsala, Ultrå à côté d’Örnsköldsvik et Torserud dans le comté de Värmland, vit depuis 20 ans à Nacka. Après une trentaine d’années comme enseignante titulaire au Lycée Français Saint-Louis, j’ai créé ma petite entreprise de coaching grossesse et accouchement à Stockholm. J’adore écrire et aime partager mes bons plans et bons coins en Suède.

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