V.I.E. en Suède : retour d’expérience et conseils

Volontariat international Suede
©Simon Paulin/imagebank.sweden.se

Ils sont une centaine de volontaires chaque année à choisir la Suède comme destination pour leur volontariat international en entreprise (V.I.E.). La Suède en Kit a rencontré 7 d’entre eux qui nous livrent leurs conseils, trucs et astuces pour trouver et réussir son V.I.E. en Suède.

Qu’est-ce qu’un VIE (Volontariat International en Entreprise) ?

Un V.I.E. permet à tout jeune ressortissant de l’Espace Économique Européen, âgé de 18 à 28 ans, de réaliser une mission à l’international pour une entreprise française. La durée du contrat est de 6 à 24 mois. Les aides financières limitent l’impact budgétaire du V.I.E. pour l’entreprise et la gestion administrative est déléguée à Business France. Pour tout savoir sur le V.I.E., rdv sur le site de Service public.

Qui sont-ils ?

Nous avons rencontré Adèle, Floriane, Hélène, Jessy, Lila, Nicolas et Quentin. Ils sont soit d’anciens V.I.E., soit toujours en poste. Ils travaillent tous pour des entreprises françaises basées en Suède, principalement à Stockholm, mais aussi Göteborg et Malmö. Leurs entreprises opèrent dans des secteurs variés, dont l’industrie pharmaceutique, l’automobile, les services ou l’agroalimentaire. Il ne s’agit pas uniquement de multinationales françaises, mais également pour certains de PME, pour lesquelles ils ont eu la charge du lancement de l’activité en Suède. Nous leur avons posé 6 questions clé pour mieux comprendre leur expérience:

1/ Y a-t-il un profil type pour obtenir un V.I.E. en Suède ?

Ils ont pour la plupart déjà eu de multiples expériences internationales à travers plusieurs pays du monde avant de commencer leur V.I.E. en Suède : Allemagne, Canada, Chili, Chine… Nous avons donc affaire à des globe-trotteurs, pour la plupart diplômés d’un master d’école de commerce ou d’ingénieur. Cependant, ils nous l’assurent, « il n’y a pas de profil type, et la connaissance du suédois n’est pas un critère essentiel pour obtenir un V.I.E. Ici tout se fait en anglais ». « Le fait d’être déjà parti plusieurs fois à l’étranger, et d’avoir une très bonne maîtrise de l’anglais ainsi qu’une expérience dans de nombreux secteurs m’a permis de faire la différence ». Une expérience précédente dans un pays nordique et une connaissance du suédois est bien sûr un plus mais n’est pas un critère déterminant.

Cependant, « le fait d’avoir déjà vécu dans un pays nordique, pour un échange universitaire par exemple, ou de connaître la culture sont un avantage ultra-différenciant lors de l’entretien d’embauche ».

VIE Suede
©Pixabay

2/ Comment avez-vous postulé ?

Trois canaux semblent privilégiés pour obtenir un V.I.E. :

  • Le site Civiweb, qui recense toutes les offres à travers le monde. La plupart des V.I.E. interviewés ont pris connaissance de l’offre et postulé via ce site.
  • La mobilité interne au sein de l’entreprise. Certains étaient déjà en poste (stage, CDD ou CDI) avant leur départ, et le poste de V.I.E. a été créé pour eux.
  • Via des candidatures spontanées. « J’ai cherché les entreprises qui avaient déjà un V.I.E. sur place et j’ai proposé mes services comme successeur sur la zone. »

3/ Pourquoi avoir choisi la Suède ?

La plupart nous confient qu’ils cherchaient un V.I.E. « sans endroit spécifique, ni secteur en tête ». « Peu importe la destination, je voulais juste partir en V.I.E. Quand j’ai vu cette offre pour la Suède, je me suis dit pourquoi pas. Après tout, cela ne nous engage que sur 2 ans maximum, donc on ne prend pas trop de risques ».

Pour ceux qui connaissaient déjà la Suède, ils ont choisi de revenir car ils savaient qu’en Suède « la mentalité était cool. Nous avons un vrai équilibre vie pro/vie perso. À 17h, la journée est finie ! Nous avons une vraie flexibilité dans notre travail, il y a de la tolérance et de l’ouverture d’esprit. On se sent considéré, valorisé et on a un vrai rôle au sein de l’équipe. Généralement les entreprises investissent en nous et seront prêtes à nous offrir un contrat local si nous souhaitons rester. »

4/ Comment s’est passée votre installation en Suède ?

Les premières semaines en Suède sont marquées par les démarches administratives et la recherche d’un logement. Le ressenti des V.I.E. que nous avons interviewés est que ces démarches sont pour la plupart lourdes, longues et pénibles. Cependant l’accompagnement de Business France sur place est un vrai plus. « N’hésitez pas à demander à vos entreprises de s’investir aussi dans ces démarches, car seul tout est plus compliqué. Elles peuvent par exemple vous aider à la recherche du logement et dans la gestion des démarches administratives. Il ne faut vraiment pas hésiter à aborder tous ces points avec l’entreprise avant même votre arrivée afin de vous sentir bien le plus rapidement possible. »

Integration en suede VIE
©Sofia Sabel/imagebank.sweden.se

5/ Comment s’est passé votre intégration en entreprise et dans la culture suédoise ?

Dans le travail, tous s’accordent à dire que le cadre est exceptionnel et que leur intégration s’est passée extrêmement bien. « Mes collègues passent du suédois à l’anglais dès que je rentre dans la pièce ». « Je suis le seul non-suédophone et depuis que je suis là, toutes les communications se passent en anglais afin que je ne me sente jamais exclu ».

Leur principal défi lors de leur installation en Suède n’est donc pas au sein de l’entreprise mais plutôt dans la vie personnelle.

« La réalité sur place n’est pas toujours rose et l’intégration sur place passe par les rencontres. La culture suédoise est extrêmement différente de la culture française. Nous ne sommes pas dans un pays latin, les gens et les villes sont calmes, il est difficile de pénétrer les cercles suédois si on ne maîtrise pas la langue ».

« Je veux déconstruire le mythe des suédois froids et fermés, ce n’est pas le cas. Ils sont extrêmement accueillants en entreprise et sont toujours prêts à aider. Cependant, ils n’ont pas ce côté spontané et expansif que l’on peut avoir en France. Vie pro et vie perso sont extrêmement cloisonnées ».

« On se réfugie dans le sport en hiver car on peut se sentir rapidement assez seul. En revanche, l’ambiance est top en été. Dans tous les cas, cela reste une expérience très riche en termes de découverte de soi et des autres, mais il ne faut pas sous-estimer l’aspect différence culturelle même si nous sommes en Europe. »

6/ Un dernier conseil ?

  • « Entamez les démarches pour obtenir un personnumer dès le jour 1 de votre arrivée en Suède, c’est la clé pour la plupart des autres démarches de la vie courante : obtenir un numéro de portable, s’inscrire à une salle de sport … ». Relisez notre article sur le personnummer.
  • « La recherche d’appartement est compliquée, faites-vous aider par votre entreprise qui pourra peut-être faire jouer de son réseau sur place. Ne pas hésiter à chercher sur les groupes de Français ou de V.I.E. présents sur place via Facebook. Si possible, négociez une aide financière de la part de votre entreprise. »
  •  « La clé de l’intégration passe par l’apprentissage du suédois. Si l’objectif est de passer quelques années en Suède, l’anglais suffit largement et les entreprises seront compréhensives sur le fait que vous ne parlez pas suédois. Cependant si vous souhaitez vous installer sur le long terme, c’est essentiel ».
  • « En entreprise et surtout dans la vie perso, n’hésitez pas à demander comment les choses marchent, être curieux et proactifs. Les collègues sont une source d’information très précieuse. »
  •  « Lire la Suède en kit ! » (et ce n’est pas nous qui dirons le contraire 😉)

Le V.I.E. en Suède en quelques chiffres:

  • Il y avait 115 V.I.E. dans une cinquantaine de sociétés en Suède avant la pandémie, un chiffre en croissance constante depuis la création du programme en 2000.
  • Leur nombre est toutefois tombé à 98 V.I.E. en octobre en raison de l’impact de la crise sanitaire sur l’économie et le commerce international.
  • Il y a des V.I.E. sur l’ensemble du territoire suédois, avec une plus forte concentration dans les principales métropoles du pays, Stockholm, Göteborg et Malmö.
  • Certains secteurs ont été très impactés par la crise, comme l’industrie automobile, et d’autres s’en sortent bien comme dans la santé où les entreprises continuent d’envoyer de nouveaux V.I.E.
  • Cela dit, en matière de V.I.E., la Suède se porte plutôt bien étant donné le contexte mondial. C’est en partie lié aux restrictions moins sévères sur les déplacements au sein du pays et la bonne adaptation des modes de travail à distance.

En savoir plus sur les V.I.E. 

 

A propos Irina B 2 Articles
Française ayant vécu aux USA, Chine et Australie, mon nouveau défi pour 2020 a été de m'expatrier en Suède. Passionnée de voyages et gastronomie, je souhaite vous aider à découvrir toutes sortes de nouvelles expériences à Stockholm et ailleurs !

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