Les liens ince(S)tueux du syndicat LO

La confédération syndicale LO (Landsorganisationen) jouit en Suède d’une bien plus grande intimité avec l’exécutif qu’aucune de ses homologues françaises.

Pas étonnant si l’on considère la véritable symbiose qui existe en LO et le parti social-démocrate (S), reposant sur le financement du parti par le mouvement syndical en échange d’une influence assumée de sa politique gouvernementale.

Cette relation spéciale avec (S) existe depuis la création de LO en 1898, à tel point qu’on parle à leur sujet des « deux jambes » du mouvement ouvrier suédois.

Leurs dirigeants font également la navette entre le parti et le syndicat depuis des décennies, un mélange des genres curieusement accepté par une population suédoise habituellement très hostile aux « petits arrangements entre amis ».

Népotisme, “écoles de vote”, hypocrisie morale et chasse aux ouvriers étrangers, bienvenue dans la version suédoise de “Baron Noir”.

Enquête sur les relations un peu trop proches entre LO et le parti social-démocrate suédois, inspirée et alimentée par la chronique d’Henrik Jönsson.

Cet article reflète uniquement les opinions et analyses de son auteur et n’engage pas les autres rédacteurs de la Suède en Kit. Pour une introduction plus générale au paysage syndical suédois, lisez notre article « Les syndicats en Suède« .

L’acteur incontournable du paysage syndicat suédois

LO est une confédération suédoise qui fédère 14 syndicats affiliés, ces derniers étant organisés par branches. Fin 2020, le nombre de membres affiliés s’élevait à 1 432 906 personnes, soit environ 30% de la population active suédoise !

Presentation: LO, The Swedish Trade Union Confederation (pdf)

Il existe bien entendu d’autres syndicats en dehors de LO, qui entend principalement représenter les employés. Les syndicats de cadres quant à eux sont regroupés au sein de la confédération TCO (forte de 1,2 millions de membres et dans laquelle se trouve Unionen, le plus grand syndicat de Suède) ou SACO (945 000 membres).

Toutefois, à l’inverse de LO, TCO et SACO revendiquent leur indépendance vis-à-vis des partis politiques.

L’objectif majeur de LO est de « sauvegarder les intérêts des travailleurs sur le marché du travail et dans les entreprises », normal pour un syndicat.

Ce qui est plus surprenant, c’est son intérêt déclaré « à collaborer avec le parti qui partage notre vision idéologique de base » ainsi que rappelé dans la motion numéro 16 du congrès de novembre 2021.

LO ne fait d’ailleurs aucun mystère de l’intérêt mutuel qu’il trouve dans ses rapports privilégiés avec le parti social-démocrate. L’organisation syndicale revendique sans aucun complexe sa capacité à influencer les décisions prises au plus haut niveau de l’exécutif suédois, une influence qui se paye argent comptant.

Presentation: LO, The Swedish Trade Union Confederation
Presentation: LO, The Swedish Trade Union Confederation

LO promet 60 millions de couronnes au parti social-démocrate suédois

Lors d’une conférence de presse le 26 janvier 2022, Susanna Gideonsson, la présidente de l’organisation syndicale LO a annoncé que  « LO va investir 30 millions [de couronnes suédoises, environ 2,85 millions d’euros] cette année électorale pour que les sociaux-démocrates remportent les élections. C’est de loin le plus gros investissement jamais réalisé ».

Susanna Gideonsson, présidente de LO. Photographie : Janerik Henriksson/TT
Susanna Gideonsson, présidente de LO. Photographie : Janerik Henriksson/TT

LO avait certes déjà payé 30 millions lors de la dernière campagne électorale en 2018 au bénéfice exclusif des sociaux-démocrates, soit un tiers de son coût total.

Mais cette fois-ci, l’organisation syndicale va également investir 10 millions supplémentaires destinés à financer une campagne d’appel auprès des membres – avec l’ objectif de dépasser les 500 000 coups de fil passés en 2018. Ces derniers avaient alors pour principal message « Ne votez pas pour SD » (Sverigedemokraterna, parti suédois d’extrême-droite).

Et ce n’est pas terminé, en plus de 10 millions pour des « moyens techniques » alloués à la campagne, LO va aussi financer à hauteur de 20 millions de couronnes des cours de « formation à la politique ». Pas besoin d’une grande fantaisie pour imaginer leur contenu…

Le chiffre de 30 millions pour 2018 était même très en-deçà de la réalité car il omet les contributions directes des syndicats affiliés. Ainsi pour la campagne électorale de 2018, c’est en tout plus de 46 millions qui ont été versés au parti social-démocrate.

À l’école de la (social) démocratie

Ce dernier a d’ailleurs une longue tradition en matière de röstskolor (littéralement « écoles de vote ») notamment dans les quartiers défavorisés où plusieurs votes ont été invalidés suite à des flagrants délits de manipulation des élections.

Mais le parti (S) se défend évidemment de toute « pêche aux votes » et met en avant sa contribution désintéressée à l’apprentissage de la démocratie, au profit de personnes peu familières avec le système électoral suédois.

Simple coïncidence donc qu’on observe des scores supérieurs à 75% des suffrages pour (S) à Rosengård (Malmö) ou Rinkeby (Stockholm).

Résultat des élections législatives de 2018 dans le district de Spånga (banlieue de Stockholm). Source SVD

D’où vient l’argent ?

Comme pour les syndicats français représentatifs au niveau national, la majeure partie des revenus de LO ne vient pas des cotisations des adhérents mais de subventions publiques, c’est-à-dire de l’argent de vos impôts qu’on retrouve sous la rubrique « revenus divers » (Övriga intäkter) qui mentionne un montant de 631 millions de couronnes en 2020.

Source : LO Verksamhetsberattelse 2020
Source : LO Verksamhetsberattelse 2020

A noter que ces subventions étaient même supérieures sous le précédent gouvernement de centre-droit, par exemple 689 millions en 2017, dernière année au pouvoir de l’Alliance menée par Fredrik Reinfeldt.

Car aucun parti politique suédois ne peut se permettre de fâcher LO, une organisation puissante assise sur un « trésor de guerre » de presque 1,4 milliard de couronnes pour la partie syndicale comme le montre le rapport annuel dont voici un extrait ci-dessous.

Source : LO Verksamhetsberattelse 2020

LO est une organisation complexe qui ne comprend pas que les activités syndicales proprement dites mais aussi une myriade d’actifs et d’entreprises. On y retrouve pêle-mêle journaux, assurances, immeubles divers mais aussi jusqu’en 2021 un chateau (Örenäs slott) dans le sud de la Suède. LO détient aussi par exemple 50% de Fairtrade Sverige, à parité avec l’Église suédoise.

Le « groupe » LO a ainsi généré annuellement entre 85 et 271 millions de bénéfices ces cinq dernières années à exception d’une perte de 39 millions en 2020.


De Gordon Gekko à Don Corleone

Car quand il s’agit de faire des affaires, LO se comporte à l’identique des capitalistes cupides que le syndicat fustige à longueur de communiqués de presse. Ses réserves en capital sont par exemple placées dans des fonds et LO n’hésite pas à recourir à des outils financiers sophistiqués tels les produits dérivés.

La presse suédoise s’est aussi fort discrètement faite l’écho d’une très louche affaire lors de la vente à un acteur mafieux en 2014 du complexe hotelier italien La Serra pour un prix fortement dévalué. LO, qui l’avait acquis à la fin des années 60 l’a cédé pour 4,1 millions de couronnes – le prix d’un petit appartement à Stockholm – alors qu’il était estimé à 140 millions.

Considérant le patrimoine important de LO qui n’a d’ailleurs quasiment pas de dettes,  la pertinence des subventions publiques peut interroger.


Est-ce que tous les membres de LO votent pour S ?

Une organisation syndicale doit-elle financer les campagnes électorales d’un parti politique en particulier ? Les avis sont partagés, y compris parmi les cotisants des syndicats concernés.

Cela n’est pas surprenant quand on se penche sur les intentions de vote des membres des syndicats où les sociaux-démocrates, bien qu’encore dominants, sont loin de représenter une majorité absolue.

Évolution de affinités politiques des membres de LO entre 2006 et 2018. Source : Valanalys 2018 – https://www.socialdemokraterna.se/var-politik/arkiv/val/val-2018

Une des conséquences de ce questionnement est qu’entre les années 2010 et 2020, les paiements que le parti social-démocrate a reçu directement des branches syndicales de LO sont passés de 10,2 millions de SEK à 2,3 millions de SEK par an, selon l’enquête du journal Arbetet.

L’érosion structurelle du nombre de sympathisants de S au sein de l’organisation n’a pas échappé à la presse mais cette situation ne semble pas gêner les dirigeants de LO.

La preuve, quand le journaliste de SVT Anders Holmberg demande à la présidente de LO « qui représente au sein de LO les membres, majoritaires, qui ne votent pas pour S ? », sa réponse est « Les partis politiques pour lesquels ces membres votent. LO ne les représente pas puisque la décision de notre congrès est que nous devons avoir une collaboration avec S ».

Les 1,4 millions de membres de LO n’étant pas immunisés contre les évolutions de la société suédoise, la montée en puissance des Sverigedemokraterna (extrême-droite) s’est principalement faite au détriment des sociaux-démocrates, à tel point que dans certaines sections syndicales, SD est devenu chez les membres masculins le premier parti devant S.

Le siège de LO sis à Barnhusgatan 18. Photo: Tomas Oneborg / SvD / TT
Le siège de LO sis à Barnhusgatan 18. Photo: Tomas Oneborg / SvD / TT

Deux poids deux mesures ?

C’est précisément les membres engagés politiquement sous les couleurs de SD qui sont à l’origine de plusieurs procédures d’exclusion ou d’annulation de mandats de représentants syndicaux pourtant obtenus à l’issue de votes internes parfaitement réguliers.

Un exemple récent est Ulf Karlström, président de la section IF Metall chez SSAB à Luleå dont le mandat syndicat a été retiré sur la base de son engagement politique au sein de SD. M.Karlström a décidé de porter l’affaire devant la justice.

Dans une décision historique rendue en mars 2021, le tribunal du district (tingsrätt) de Stockholm a annulé la décision du syndicat des travailleurs des transports (Transportarbetareförbundet) d’exclure un de ses membre Mats Fredlund, lui aussi actif au sein de SD comme élu communal à Kiruna. Le syndicat a fait appel de la décision.

La justification avancée quasi-systématiquement par les représentants de LO pour justifier ces mesures drastiques est que SD ne partage pas la conception de « Alla människors lika värde » (« Tous les êtres humains sont égaux »), sans toutefois pouvoir préciser d’exemples concrets démontrant qu’Ulf Karlström ou Mats Fredlund s’y seraient opposés.

Lorsque le présentateur de SVT Aktuellt insiste et demande à la présidente de LO Susanna Gideonsson de donner un exemple précis de proposition politique du parti SD qui contrevient au principe que « Tous les êtres humains sont égaux », sa réponse est la suivante : Je vais juste en citer un. Je peux juste dire par exemple « les profits dans l’éducation et la santé « .

SVT Aktuellt – Source Youtube

Comme le chroniqueur Henrik Jönsson ne manque pas de le relever, c’est un postulat assez gonflé venant d’une organisation qui a elle-même perçu de l’argent de la mafia et en a gagné en louant ses propres restaurants pour y organiser de « sexshows« .

Par ailleurs, si les profits dans l’éducation et la santé étaient une telle atteinte aux droits de l’homme, on peut également se demander pourquoi Stefan Löfven, précédent Premier ministre (S) les a acceptés dans l’accord de janvier (Januariöverenskommelsen) alors que le point 9 garantit précisément leur pérennité et interdit leur plafonnement ?

Souligné : « Le gouvernement ne conduira pas de proposition d’interdiction des profits ou d’autres propositions ayant pour but de plafonner les profits des acteurs privés de l’éducation et de la santé » Source : https://januarioverenskommelsen.se/

Mains propres et tête haute ?

La xénophobie existe malheureusement aussi au sein des syndicats suédois. Ces derniers ont souvent une attitude pour le moins « conservatrice » vis-à-vis des travailleurs étrangers (lire notre article sur les expulsions de travailleurs qualifiés) qu’ils considèrent comme une concurrence indésirable mais aussi, à juste titre, comme des individus moins enclins à se syndiquer.

Une illustration sans ambiguïté est par exemple celle du chantier de rénovation de l’école Söderfjärdsskolan à Vaxholm mené par l’entreprise lettone Laval un Partneri à l’issue d’un appel d’offres.

Au motif que ses employés ne disposaient pas d’accord collectif suédois, le syndicat Byggnads [Construction] a organisé un véritable blocus du chantier pour en interdire l’accès aux ouvriers lettons assorti d’un appel au boycott auprès des fournisseurs et transporteurs.

Blocage du chantier de rénovation de Söderfjärdsskolan par les membres du syndicat Byggnads en 2004. Source Aftonbladet, image Lars Holmström

Torgny Johansson, président à l’époque du syndicat Byggnads, participe lui-même au blocage où les travailleurs lettons sont accueillis aux cris de « Go home, Go home » dans une ambiance très tendue. Il ira même jusqu’à menacer physiquement la représentante de entreprise Laval. Cet épisode est le premier d’un long feuilleton judiciaire connu sous le nom de Vaxholmkonflikten.

Alla människors lika värde » (« Tous les êtres humains sont égaux ») mais seulement ceux qui ont un accord collectif suédois…


Une curieuse conception de la démocratie syndicale

Mais alors comment expliquer que le soutien financier à la campagne de S augmente si le nombre de sympathisants engagés au sein de LO diminue ?

Pourquoi le congrès de novembre 2021 a renouvelé son soutien au profit unique d’un parti dans lequel plus de 60% des membres ne se reconnaissent plus ?

La réponse se trouve dans un astucieux verrouillage de la composition du congrès, la plus haute instance de décision qui a lieu une fois tous les quatre ans.

Chacune des 14 organisations qui composent LO élisent leurs propres représentants (ombud en suédois) mais trois branches – Kommunal, IF Metall et Handels pèsent particulièrement lourd, disposant presque de 2/3 des représentants comme illustré ci-dessous :

Source : Youtube/ Henrik Jönsson

Les statuts des ces trois organisations – comme la plupart des autres qui composent LO – proclament leur adhésion à une idéologie sociale-démocrate :

Sources : statuts de Kommunals, Handel et IF Metall

Or il est exigé par ces mêmes syndicats de ses membres une totale loyauté à ces statuts. En pratique, il est donc impossible pour un membre non social-démocrate d’être élu comme représentant au congrès de LO car il serait de fait en rupture avec le contenu de ces statuts…

Extrait des statuts de Kommunal sous la rubrique « responsabilité du membre » :
« Le membre doit travailler à la cohésion et au développement au sein de Kommunal. [Il doit] suivre les intentions des statuts et des décisions statutaires ainsi que faire preuve de loyauté envers les conseils d’administration et toute autres personne nommée pour représenter Kommunal et son organisation locale.
Ce verrouillage explique qu’il soit impossible en l’état actuel des choses que le congrès décide de réduire ou supprimer le financement de la campagne du parti social-démocrate, même si la majorité des membres des branches syndicales le souhaite, ce qui est déjà le cas aujourd’hui.


Pourquoi les membres de LO restent syndiqués même s’ils ne votent pas S ?

Tout simplement parce que dans toutes les branches où LO est présent, ne pas être syndiqué représente un risque réel d’être par exemple parmi les premiers à être licenciés.

Les syndicats ont en Suède l’exclusivité de la représentation des salariés dans les entreprises. Ne pas être syndiqué veut dire que vous n’avez aucune possibilité d’influencer les discussions générales sur les salaires, retraites et temps de travail.

Par ailleurs, depuis 1976, la loi dite « Medbestämmandelagen » oblige les entreprises à négocier avec les syndicats tout changement majeur de leur organisation. Comme non-syndiqué, le salarié n’a aucune possibilité de se faire représenter lors de ces discussions.

Enfin, il est attendu et logique que les syndicats privilégient la défense de leurs membres lorsque des licenciements sont nécessaires, dans la limite des marges de manœuvre permises par la célèbre loi dite LAS. Si vous n’êtes pas membre d’un syndicat, personne ne se battra pour vous.


Culture de clan et népotisme

LO est un réservoir de profils aspirants à une carrière politique – au sein de (S) évidemment – mais aussi un point de chute commode quand les sociaux-démocrates perdent le pouvoir.  Car les échanges fonctionnement dans les deux sens et les exemples sont nombreux de personnages connus, soit au sein de LO, soit de S qui sont passés du parti au syndicat ou l’inverse.

On parle d’ailleurs volontiers pour les désigner de fackpampar, un terme péjoratif qui se réfère à un dirigeant syndical ayant fait sa carrière dans les organes du syndicat et du parti, bien loin de la chaleur des hauts-fourneaux ou des courants d’air d’un chantier de construction.

Le meilleur exemple récent est l’ancien Premier ministre Stefan Löfven qui fut président de la puissante branche IF Metall mais aussi Karl-Petter Thorwaldsson, ex-président de LO et actuellement ministre du commerce, de l’industrie et de l’innovation dans le gouvernement de Magdalena Andersson.

Le précédent président de LO Karl-Petter Thorwaldsson (actuellement Ministre du commerce, de l’industrie et de l’innovation (S) avec à sa droite le précédent Premier ministre Stefan Löfven (S). Image :Hossein Salmanzadeh/TT

L’actuelle Première ministre – qui est aussi chef du parti (S) – fréquente évidemment la présidente de LO qui a été désignée en novembre 2021 comme membre du comité exécutif du parti social-démocrate.

Source : https://www.socialdemokraterna.se/vart-parti/om-partiet/verkstallande-utskottet

 

Conclusion de l’auteur

Imaginons un instant que le syndicat patronal du MEDEF finance la majeure partie de la campagne politique d’un parti politique français en échange d’influence sur l’action du gouvernement. La presse crierait fort justement au scandale en disant que la démocratie est en danger face aux intérêts particuliers d’un syndicat qui utilise ses ressources pour acheter le vote des électeurs.

Mais n’est-ce pas en réalité exactement ce que fait LO ?

La relation symbiotique entre LO et S dure depuis plus de 120 ans, ce qui explique certainement pourquoi elle fait partie du paysage politico-syndical suédois sans que les citoyens ne s’en émeuvent. LO semble y jouir d’un statut similaire à celui d’une administration publique plus que de l’organisation syndicale qu’elle est censée être.

En ce sens, le peuple suédois ressemble à la proverbiale grenouille dans la casserole qui s’engourdit au fur et à mesure que la température monte.

Toutefois, l’électorat historique de (S) se meurt peu à peu et les travailleurs se tournent de plus en plus vers d’autres partis, SD en premier chef. Pour renouveler leur réservoir de sympathisants, les sociaux-démocrates doivent désormais aussi séduire les « bidragstagare » (bénéficiaires d’allocations), une population évidemment très peu syndiquée car ne travaillant pas. Ce changement de cap est confirmé par le fait que (S) est de toutes les formations politiques suédoises celle qui attire le plus la catégorie des inactifs. (Voir page 63).

L’écart se creusant entre les attentes des membres de LO – qui travaillent dans leur immense majorité – et le profil des nouveaux électeurs de (S), il va devenir de plus en plus compliqué pour le parti et le syndicat de satisfaire simultanément les revendications des uns et des autres.

Les « valeurs de base » partagées qui sont la justification du soutien de LO à (S) seront-elles toujours les mêmes s’agissant du travail et de l’assistanat ?

L’avenir montrera en tout cas si LO considère que ses efforts financiers envers (S) sont bien payés en retour et jusqu’à quel point les membres de LO acceptent ce soutien inconditionnel, qui s’apparente de plus en plus à un flagrant déni de démocratie interne à mesure que leur sympathie pour (S) diminue.

A propos Emmanuel RC 14 Articles
Français vivant à Stockholm depuis 2012, mes sujets de prédilections sont l'entrepreneuriat, la vie politique locale et internationale ainsi que le décodage de l'administration suédoise. Passionné par l'univers du vin, j'anime régulièrement à travers ma société Vinologie des dégustations et imports privés de vins français.

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