Vårsalongen 2017, l’expo d’art à 20 kr

"Rättad Magritte" d'Alexander Erixson
"Rättad Magritte" d'Alexander Erixson © Audrey Lebioda

Chaque année, et ce depuis 1921, Liljevalchs, la galerie d’art moderne de la ville de Stockholm, organise Vårsalongen, le « Salon du printemps », qui consiste en une exposition ouverte à tous les artistes, amateurs et moins amateurs. Comme l’an dernier, l’exposition hors les murs de Liljevalchs, qui est en cours de rénovation, a lieu dans un local en plein centre-ville entre Gallerian et Kulturhuset. Vous avez jusqu’au 5 mars pour aller admirer ces oeuvres, qui sont également en vente.

Dans ce local, au sol en béton et aux murs recouverts de planches en bois peintes en gris, 295 oeuvres de 127 heureux élus (sur 2 505 candidatures) sont exposées, choisies par un jury composé des artistes Ernst Billgren, Charlotte Gyllenhammar et Magnus Uggla, et présidé par le directeur de Liljevalchs, Mårten Castenfors. La popularité du Vårsalongen ne cesse d’augmenter : d’environ 30 000 visiteurs en 2007 à plus de 83 000 l’an dernier, l’exposition attire un public d’âge et d’horizons très variés.

Paraphrases artistiques

Plusieurs œuvres du Vårsalong s’inspirent de l’histoire de l’art, telle la Bacchanale d’après une œuvre de Titien conservé à la National Gallery de Londres, exécutée par Susanne Larsson (née en 1966), en céramique glacée.

Bacchanale après Titien de Susanne Larsson
Bacchanale après Titien de Susanne Larsson © Audrey Lebioda

Alexander Erixson (né en 1969) aborde avec humour les grands noms de l’art moderne et pose la question de sa valeur en réinterprétant à sa façon Klein, Fontana et Magritte.

« Egen Klein » d'Alexander Erixson
« Egen Klein » d’Alexander Erixson © Audrey Lebioda
« Lagad Fontana » d'Alexander Erixson
« Lagad Fontana » d’Alexander Erixson © Audrey Lebioda

Lars Walinger (né en 1955) remonte encore plus loin dans le temps avec ses portraits de Fayoum en granulés de caoutchouc, ceux qu’on utilise sur les pistes de courses. L’utilisation de ce matériau l’oblige à travailler à la manière des pointillistes, car c’est seulement en s’éloignant de ses portraits sculptés que les couleurs se mélangent.

Portrait de Fayoum 5 de Lars Valinger
Portrait de Fayoum 5 de Lars Valinger © Audrey Lebioda

Bo Ek réinterprète une célèbre gouache d’Anders Zorn montrant une femme et son fils se baignant nus. Bo Ek y a ajouté des spectateurs (voyeurs ?), tous masculins, l’un d’entre eux figurant Magnus Uggla, un des membres du jury du Vårsalong !

"Fulla gubbar" de Bo Ek
« Fulla gubbar » de Bo Ek © Audrey Lebioda

Slussen

Le Slussen tel qu’on le connait est en train de disparaître, mais plusieurs artistes l’ont immortalisé sous forme de peinture réaliste et nostalgique, comme Erika Canohn (née en 1979), qui réussit à merveille à capturer l’ambiance un peu glauque du lieu.

Slussen d'Erika Canohn
Slussen d’Erika Canohn © Audrey Lebioda

…ou encore Caroline Jensen (née en 1960) qui a immortalisé dans une série de trois photomontages le projet OMSTart Slussen 2015 qui avait rassemblé 13 graffeurs (Amara Por Dios, Ruskig, Ångest, Caroline Falkholt, Erse, Fits, Gouge, Ikaroz, June, Kim Demåne, Nug, Ola Kalnins et Rolf Carl Werner) autour du bâtiment rond de Kolingsborg (aujourd’hui détruit). L’art graffiti étant par essence un art éphémère, en couvrir un bâtiment voué à la destruction était une idée géniale.

RESTart Requiem de Caroline Jensen
RESTart Requiem de Caroline Jensen © Audrey Lebioda
In Paradiso RESTart Requiem de Caroline Jensen
In Paradiso RESTart Requiem de Caroline Jensen © Audrey Lebioda

Le travail du bois

Marie Eklund (née en 1974) taille le bois depuis trois ans. Lorsque son pommier fut renversé par une tempête l’an dernier, elle récupéra un morceau de bois qui, pour elle, ressemblait à un pantalon. Elle lui sculpta une paire de pieds, et le tour était joué : une sculpture belle de simplicité était née !

Le pantalon de Marie Eklund
Le pantalon de Marie Eklund © Audrey Lebioda

Germund Lindunger (née en 1965) a créé trois t-shirts à manches longues à rayures à l’aide de plusieurs planches de contreplaqué, peintes en bleu et en blanc, taillées et agencées les unes aux autres tel un puzzle.

« Saknad » 1, 2 et 3 de Germund Lindunger
« Saknad » 1, 2 et 3 de Germund Lindunger © Audrey Lebioda

Fadric Ruiz-Lindberg (né en 1987), né d’une mère suédoise et d’un père catalan, a grandi en France, avant de venir en Suède et de rentrer à l’école d’ébénisterie de Carl Malmsten. Au cours de l’été 2013, il a rejoint Barcelone depuis Göteborg, en vélo, en passant par le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France. En 2015, il refit le même trajet, mais cette fois-ci en traversant la Finlande, les pays baltes, la Pologne, l’Allemagne et la Suisse. Ces voyages lui ont fait réévaluer la notion de proximité, ce qui se reflète dans son œuvre représentant un vélo en marqueterie et qu’il a nommé Närhet.

"Närhet" de Fadric Ruiz-Lindberg
« Närhet » de Fadric Ruiz-Lindberg © Audrey Lebioda

La broderie

Depuis quelques années, les œuvres textiles et brodées sont devenus monnaie courante au Vårsalongen. Siv Salomonsson (née en 1936) présente cette année deux tableaux textiles représentant l’un la gare de Gällivare, l’autre le château de Teleborg à Växjö. Elle utilise des tissus colorés, à motifs, des boutons et des perles, et crée une illusion tout à fait picturale.

Le château de Telleborg à Växjö de Siv Salomonsson
Le château de Telleborg à Växjö de Siv Salomonsson © Audrey Lebioda
Le château de Telleborg à Växjö de Siv Salomonsson, détail
Le château de Telleborg à Växjö de Siv Salomonsson, détail © Audrey Lebioda

 

L’œuvre la plus importante pour moi cette année est celle d’Ulla Andersson (né en 1942), qui  a brodé à la main sur une longue nappe en lin blanc différentes scènes historiques et plus actuelles illustrant la place de la femme dans la société : une véritable histoire du combat pour l’égalité des sexes.

La chaise rose d'Ulla Andersson
La chaise rose d’Ulla Andersson © Audrey Lebioda
La chaise rose d'Ulla Andersson, détail
La chaise rose d’Ulla Andersson, détail © Audrey Lebioda
La chaise rose d'Ulla Andersson, détail
La chaise rose d’Ulla Andersson, détail

 

Si vous n’avez pas la possibilité de vous déplacer, vous pouvez suivre une visite guidée par Mårten Castenfors ici:

Informations pratiques

Où ? Liljevalchs, locaux temporaires à Malmskillnadsgatan 32, métro T-Centralen

Quand ? jusqu’au 5 mars 2017, lundi—jeudi de 12h à 20h et vendredi—dimanche de 11h à 17h. Introduction de 20 min, gratuite, tous les jours à 13h et 15h.

Quel prix ? 20 kr, payable par carte.

 

 

A propos Audrey L 57 Articles
Française vivant en Suède depuis 1999 et travaillant dans le domaine culturel, j'aime partager mes expériences, écrire et faire la cuisine.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.