SEXO – Coup de mou chez les Suédois !

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La fréquence des rapports sexuels est un sujet de préoccupation réel : tous les jours, tous les 15 jours, tous les 6 mois ? Ce chiffre est en baisse constante en Suède. Comment expliquer ce phénomène triste, troublant et préoccupant ?

Les Suédois n’ont jamais eu si peu de rapports sexuels qu’à ce jour. Alors qu’en 1996, la moyenne de leurs ébats était de cinq fois par mois, elle est passée à seulement 3,8 en 2013. C’est d’ailleurs moins qu’en 1967 où les Suédois se retrouvaient au lit 4,2 fois par mois.

Selon une étude réalisée en 2013 par l’Université de Colorado Boulder (USA), ce qui se passe (ou ne se passe pas) sous la couette de nos voisins semble fortement nous préoccuper. Ce qui nous rend encore plus heureux : c’est de savoir que notre fréquence de rapports est supérieure à celle des autres.

A savoir que chaque seconde dans le monde, il se déroule plus de 6 100 rapports sexuels (il y a même un compteur depuis le 1er janvier). Le nombre de rapport sexuels moyen de la planète est estimé à 110 par an ; au total 192.5 milliards d’actes ! Les chauds lapins, ce sont les Grecs avec 164 rapports sexuels chaque année. Avec 45,6 rapports par an en moyenne, les Suédois sont donc très très en dessous de la moyenne mondiale.

Petit tour du monde sous la couette… 

D’après une étude qui vient d’être publiée dans la revue The Archives of Sexual Behavior, la même tendance se dessinerait un peu partout en Occident. Les chercheurs américains Jean Twenge, Ryne Sherman et Brooke Wells ont d’ailleurs montré qu’aux États-Unis, cette tendance est indépendante des origines, du genre, de la religion ou du niveau d’éducation des habitants. En 2010, le nombre moyen de rapports sexuels aux États-Unis par an était de 53 alors qu’il était de 62 à la fin des années 90. Une diminution de 15 % !   (4,41 rapports par mois).

Même phénomène en Angleterre où une enquête nationale sur les comportements sexuels de 2013 établissait que les Britanniques âgés de 16 à 44 ans avaient moins de rapports (5 rapports par mois) qu’en 2000.

Quant à l’Australie : le nombre de rapports est passé de 1,8 à 1,4 par semaine en 10 ans (soit 5,8 rapports par mois).

Et les Français dans tout ça ? Ils tiennent la forme. A raison de 8,7 rapports sexuels en moyenne par mois, ont lieu en France 215 câlins chaque seconde, soit 6,8 milliards chaque année.

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Mise en cause  des nouvelles technologies, du porno et des réseaux sociaux

Pour expliquer cette tendance à la baisse, les chercheurs de cette dernière étude américaine pointent du doigt les nouvelles technologies. Internet offre un accès aussi facile qu’addictif à la pornographie, diminuant l’attrait pour une sexualité partagée. On se satisfait donc tout seul avec son ordi, son portable, sa tablette ou sa télé… plus souvent qu’à deux ou plus.

On privilégie donc le sexe seul mais on s’adonne aussi à de nouvelles pratiques avec un ou des partenaires non présents physiquement. Internet nous connecte à des « partenaires virtuels » avec qui l’on sextote, échange des photos, envoie des films, ou parle par exemple sur Kik, Whatsapp, Skype et des applications de rencontres NSA (No String Attached = pas de liens, c’est à dire que des « plans » sans lendemain).

© Susanne Walström/imagebank.sweden.se

Pour comprendre cette diminution du nombre de rapports, certains se sont penchés sur la question de la séparation moins nette entre vie privée et vie professionnelle. Rivés sur leurs smartphones, tablettes et ordinateurs portables, les hommes et femmes modernes sont en contact quasi permanent avec leur travail, et cela même au lit. De plus le stress, l’anxiété et la déprime  augmentent dans nos sociétés modernes et ils ne favorisent pas le désir sexuel. Voilà donc un cocktail détonnant anti-désir !

Conséquence de nombreux facteurs d’origine sociétale et technologique, les Suédois sont en manque de câlins… et de chaleur… alors que les câlins, c’est bien connu, procurent beaucoup de chaleur !

Et si ce soir on éteignait sa télé et son smartphone ?

 

 

A propos Noemie A 15 Articles
Arrivée à Stockholm en 2006, je suis 10 ans plus tard maman de deux petites franco-suédoises et j'ai monté mon entreprise dans l'enseignement du français. J'aime l'art, la vie et les sorties !

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