Portrait — Aurélien Trigo, un amour de swing

Aurélien Trigo

Ca bouillonne dans la tête bien pleine de ce compositeur-producteur et ca dépote dans ses doigts, il carbure au jazz manouche, mais pas que. Portrait d’Aurélien Trigo, un amour de swing.

Un couteau suisse musical, multi-performant, bourré de talents, homme orchestre et boîte à musiques à lui tout seul, violoniste au cursus classique, Aurélien Trigo se tourne vers le jazz manouche et le jazz en 2003. Dès lors, il travaille avec Florin Niculescu et Didier Lockwood, deux grandes pointures internationales de la scène jazz.

Il intègre ensuite différentes formations de musique tzigane et de swing manouche, se produit de Nouméa à Montréal en passant par la Corse. En tant que guitariste et DJ scratcheur, il participe à l’aventure Caravan Palace, qu’il quitte après une centaine de concerts, pour revenir à son violon. Sollicité régulièrement pour interpréter l’esprit musical de Django Reinhardt dans les festivals outre-atlantique, il anime les Nuits Manouches, s’implique dans de multiples projets. Il est l’arrangeur-corde d’artistes comme Zaz ou Kenji qui ont gagné l’émission télé-crochet The Voice.

Jeune trentenaire au parcours professionnel impressionnant et au CV émaillé de références prestigieuses, Aurélien Trigo, modeste, pudique et réservé lorsqu’il s’agit de parler de lui, est un volubile virtuose de l’archer. Artiste spirituel et sensible, créateur un rien déjanté, carrément singulier, il met l’electro swing et le jazz manouche sur le devant de la scène suédoise.

 

La Suède en Kit : Pourquoi et comment es-tu arrivé en Suède ?

J’ai vécu pendant 7 ans avec une suédoise à Paris et appris les bases de la langue à l’Institut Suédois. Après plusieurs séjours à Gotland, région d’origine de ma copine — on a failli y acheter une maison — la vie a fait que j’ai choisi de m’installer à Stockholm en 2014, mon personnumer en poche, car je suis littéralement tombé amoureux de la Suède.

De plus, Stockholm est, avec Los Angeles, la plus grosse plate forme musicale en terme de réalisation et surtout de production artistique. Donc, ça tombe très bien pour moi puisque j’ai décidé entre autres projets de me concentrer sur la production. Je monte ma boîte Moonstone Music grâce à laquelle je produis deux rappeurs suédo-américains. J’ai la chance de rencontrer le contrebassiste Andreas Unge, un des producteurs les plus influents de Stockholm. Nous collaborons sur plusieurs projets et réalisons la bande originale du film Medan vi lever de Dany Kouyaté. C’est la première fois que mon nom apparaît au générique d’un film, j’ai composé la partie hip-hop et rap interprétée par Adam Kayama. C’était une expérience enrichissante mais je préfère me focaliser sur la production d’électro-swing et le développement d’un nouveau groupe The Flappers Circus. Je crée en mélangeant des samples d’anciens morceaux des années 30, j’y ajoute des rythmes electro hip-hop et fais ma petite alchimie musicale.

Pendant un an, je donne des cours de violon jazz à Musikhögskolan, mais l’enseignement ne m’attire guère, sauf dans le cadre de Master Class que j’anime aux États-Unis. Parallèlement, je joue avec Gustav Lundgren, LE guitariste de jazz le plus génial de sa génération, nous nous produisons régulièrement à Konserthuset et dans différents festivals. Je viens également de monter mon propre trio, le Stockholm Chamber Jazz Project dans lequel je joue du violon. On revisite des classiques tels Fauré, Bartok ou Scriabine pour les faire redécouvrir à la sauce jazz.

 

J’adore partager ma musique, alors les lundis on fait le boeuf à Mariatorget, à Häktet, c’est Djangojam en l’honneur de Django Reinhardt ! En ce moment, je travaille aussi avec Spotify et Sony sur un projet d’intelligence artificielle autour d’un programme de réalisation assistée de morceaux de jazz. A part cela, je vais m’essayer à la cosmétique canine, je veux élaborer des produits entièrement naturels tel un shampooing au seringa ou une crème cicatrisante au jasmin pour les coussinets des chiens.

La Suède en kit: Où seras-tu et que feras tu dans 5 ans/10 ans ?

Ici — je pense que je ne quitterais jamais la Suède. J’aime trop le calme et la nature. Je me sens bien. En fait, en Suède, le seul point noir c’est la galère logement. J’adore ce pays et dans cinq ans, je continuerais à y faire ce que j’aime, dans un grand appart que j’aurais acheté dans les environs de Vinterviken et dans lequel j’aurai mes studios.

 

Pour en savoir plus :

Jazz en live à Häktet les lundis.

Site de l’association suédoise des amis de Django.

Le site du Stockholm Chamber Jazz Project.

A propos Sylvie R 59 Articles

En Suède depuis 33 ans, j’ai habité Uppsala, Ultrå à côté d’Örnsköldsvik et Torserud dans le comté de Värmland, vit depuis 20 ans à Nacka. Après une trentaine d’années comme enseignante titulaire au Lycée Français Saint-Louis, j’ai créé ma petite entreprise de coaching grossesse et accouchement à Stockholm. J’adore écrire et aime partager mes bons plans et bons coins en Suède.

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