Louer un appartement

Pancarte enneigée
© Helena Wahlman/imagebank.sweden.se

Comment se loger en Suède en général, et plus particulièrement à Stockholm ? C’est sûrement la plus grande question qui se pose aux expatriés, et la plus difficile à résoudre après avoir obtenu le fameux personnummer.

Le marché du logement en Suède est très différent du français, et cela peut être très déroutant pour un nouvel arrivant. Il faut savoir que bon nombre de Suédois sont propriétaires de leur appartement, non pas qu’ils sont plus riches que les Français, mais parce que les prêts immobiliers sont plus accessibles. Il y a encore quelques années, on pouvait emprunter à vie sans obligation d’amortissement puisqu’on partait du principe que le prêt était remboursé au moment de la vente de l’appartement. Depuis juin 2016, les règles se sont durcies : on ne peut désormais emprunter que jusqu’à 85 % de la valeur du logement et il faut amortir, ce qui revient à emprunter sur 40-50 ans.

 

Liste d’attente — bostadskö

Tous les Suédois n’ont pourtant pas les moyens ou la possibilité d’emprunter et ils se tournent donc vers des organismes de location de première main, tels que Svenska BostäderFamiljebostäder ou Stockholmshem pour n’en citer que quelques-uns. Les appartements à louer sont annoncés par Bostadsförmedling i Stockholm, un organisme géré par la ville de Stockholm. Il s’agit en fait d’une sorte de liste d’attente (bostadskö). Tout détenteur d’un personnummer peut s’y inscrire pour seulement 210 kr/an (en 2016). Le marché du logement étant ce qu’il est dans les grandes villes suédoises — c’est le cas aussi pour Göteborg, Malmö et Uppsala — le temps d’attente est malheureusement de 10-20 ans (vous avez bien lu…) en fonction du quartier. Une condition est qu’il faut souvent avoir un revenu mensuel de 3 fois voire 3,5 fois le loyer. Nombre de personnes s’inscrivent sur cette liste en prévision du futur et n’ont pas besoin d’une location dans l’immédiat, mais fin 2016, elle comptait 555 925 personnes dont 14 % d’actifs (c’est à dire qui postulent pour un logement 5 fois par an). Fin janvier 2017, il y avait par exemple 239 logements libres, pour 7 157 potentiels intéressés… Pour consulter les statistiques de 2016, cliquer ici (en suédois).

Tout cela pour dire que pour les personnes qui viennent tout juste d’arriver à Stockholm, il est impossible de considérer cette alternative et il faut souvent se tourner vers le marché de la location en seconde main, andrahandsuthyrning. Toutefois, si on a du capital et un revenu mensuel raisonnable, on peut envisager l’achat, voir notre article à ce sujet.

Immeuble à Stockholm
© Helena Wahlman/imagebank.sweden.se

Louer en seconde main — hyra i andra hand

On peut louer en seconde main à un locataire ou à un propriétaire.

Premier conseil : vérifiez bien que votre « propriétaire » a demandé l’autorisation de sous-louer son appartement. Dans le cas contraire, cela relève du marché noir, ce qui est bien entendu interdit, mais surtout, cela est très risqué, car vous pouvez vous faire virer du jour au lendemain. Le loyer peut être bien trop élevé et et il est très difficile d’obtenir gain de cause en cas d’abus.

On peut louer en seconde main pour une période allant de quelques mois à un an, éventuellement renouvelable un an, soit un maximum de deux ans.

Les sous-locations sont souvent annoncées sur Blocket (l’équivalent du « Bon coin ») et sur Bostad Direkt.

Deuxième conseil :  contrôlez bien que la personne qui vous propose de sous-louer son appartement en dispose réellement. De manière générale, il est fortement recommandé de ne jamais rien payer avant d’avoir vu l’appartement et signé le contrat de location ! Un dépôt de garantie équivalent à un mois de loyer peut vous être demandé.

Troisième conseil : exigez un contrat de location, qui mentionne l’objet loué, sa surface, son loyer mensuel, les coordonnées de la personne qui sous-loue, ainsi que la durée de la location et celle du préavis pour résilier le dit contrat. Sur cette page, vous trouverez des modèles de contrat de location, en suédois et en anglais, qu’il suffit d’imprimer puis de remplir et faire signer par les deux parties concernées.

Le loyer — hyran

Selon les statistiques de 2016, le loyer moyen d’un 1:a (une pièce) était de 7 453 kr/mois, un 2:a de 11 154 kr/mois et un 3:a de 11 680 kr/mois, soit environ 235 kr/mètre carré. Ceci est évidemment une moyenne, qui varie en fonction du quartier.  La règle veut que le loyer de sous-location ne dépasse pas celui que le locataire paye, mais il peut être majoré de 10-15 % si l’appartement est loué meublé. Il faut savoir que tous les appartements suédois sont équipés en frigo/congélateur et cuisinière (parfois lave-vaisselle et four à micro-ondes) dans la cuisine et parfois d’une machine à laver dans la salle de bain. Beaucoup d’immeubles sont également équipés d’une buanderie commune (tvättstuga), mettant à disposition des locataires deux ou trois machines à laver que l’on réserve par créneaux de quelques heures. Tout ceci est donc compris dans la location, ainsi que l’eau, le chauffage et éventuellement la connexion télé/internet. Vérifiez bien que le contrat de sous-location mentionne ce qui est inclus dans le loyer. L’électricité se paye séparément si vous louez un appartement entier. En colocation, elle sera inclue dans le loyer.

Si vous sous-louez dans une copropriété, le loyer est établi sur la base de la valeur actuelle de l’appartement, en rajoutant les charges mensuels et des intérêts de 4%. Voici un exemple pour un appartement de 3 millions de couronnes dont les charges s’élèvent à 1 900 kr/mois :

(3 000 000 x 0,04)/12 + 1 900 = 11 900 kr/mois

Si le propriétaire venait à vous demander plus que ce qui est autorisé selon cette formule, Hyresnämnden, le tribunal qui se charge des litiges en matière de location de logements, pourra vous aider.

Dans le cas d’une colocation, il est important de contrôler que la totalité des loyers respectifs équivaille bien au coût total que le propriétaire paye tous les mois. Si par exemple vous trouvez une chambre en co-location (avec accès aux espaces communs tels que cuisine/salon et salle de bain) pour 15 000 kr/mois, vous pouvez être sûr que c’est illégal, quelque soit la situation de l’appartement. Étant donné l’état du marché du logement en Suède, il y a malheureusement des gens qui abusent de la situation et escroquent ceux qui cherchent désespérément à se loger, d’autant plus si on a éventuellement les moyens de payer le prix fort.

Enfin, n’oublier pas de souscrire une assurance-habitation, hemförsäkring, pour parer à tout accident. FolksamIf, Trygg-Hansa, Länsförsäkringar sont quelques compagnies d’assurance vers lesquelles vous pouvez vous tourner.

Immeuble à Stockholm
© Heléne Grynfarb/imagebank.sweden.se

Lexique

Bostadskö : mot à mot, queue du logement, c’est-à-dire : liste d’attente pour les locations

Hyresvärd : propriétaire d’appartement à louer

Hyresgäst : locataire

Bostadsrätt : appartement de copropriété

Bostadsrättsförening :  association coopérative d’habitation

Bostadsrättinnehavare : propriétaire d’appartement de copropriété

1:a ou etta : appartement d’une pièce

1 r o k = 1 rum och kök : une pièce et cuisine (salle de bain comprise)

Hyra i andra hand : louer en seconde main

Andrahandskontrakt : contrat de seconde main

Förstahandskontrakt : contrat de première main

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A propos Audrey L 64 Articles
Française vivant en Suède depuis 1999 et travaillant dans le domaine culturel, j'aime partager mes expériences, écrire et faire la cuisine.

2 Commentaires

  1. Lasuedeenkit, c’est une mine d’informations. Cela explique les bases pour comprendre comment vivre dans le système suédois. Par contre, j’aurai aimé trouver un modèle de contrat de location seconde main. Le lien ne fonctionne pas !

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