Et après Stieg Larsson… que reste-t-il à lire ?

En lisant Stieg Larsson
©Cecilia Larsson Lantz/Imagebank.sweden.se

Vous avez lu la très (trop) fameuse série ‘Millenium’ de Stieg Larsson, les romans noirs de Camilla Läckberg et policiers de Henning Mankell. Puis, vous avez peut-être décidé de changer de genre littéraire et avez dévoré ‘Le mec de la tombe d’à côté’ de Katarina Mazetti et ‘Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire’ de Jonas Jonasson. Et maintenant vous êtes à court d’idées…. Quels auteurs suédois lire ? Pas de panique, dans cet article co-écrit par les rédacteurs de la Suède en Kit, nous partageons avec vous certains de nos coups-de-cœur : des écrivains plus ou moins connus qui nous ont touché, fait rêvé ou surpris, ou les trois en même temps — et traduits en français. Bonne lecture !

Différente, Sara Lövestam — le choix de Sylvie

Encore une histoire d’amour, mais pas que : un roman rythmé, grave et drôle, un tourbillon de sentiments, des problématiques essentielles, le désir, la sexualité, l’amitié, la culpabilité, le handicap et la jalousie traitées avec humanité. Dans Différente, le lecteur explore les situations peu habituelles de personnages peu banals et hauts en couleur.

La narration concise, au rythme enlevé et vibrant, se construit comme un puzzle et rend ces héroïnes attachantes. Dans son triangle amoureux hors du commun, et sans jamais tomber dans la vulgarité, Sara Lövestam offre un roman sensible et déjanté, une ode à la différence exquise et osée.

Martin a des attirances sexuelles assez atypiques : il aime les femme amputées. Lorsqu’il rencontre Paula polyhandicapée et linguiste à l’université, c’est le coup de foudre. Mais quand Paula rencontre Leo, amie de Martin et lesbienne, c’est le début d’une fascination houleuse réciproque qui va bousculer la vie amoureuse des trois protagonistes. C’est fouillé, fouillis et irrésistiblement libre, libéré et libératoire.

Née en 1980, considérée comme l’une des nouvelles voix littéraires suédoises, Sara Lövestam est professeur de suédois pour les immigrés et écrit régulièrement dans le magazine gay QX. Pour ce premier roman, elle s’est vu décerner le prix du Swedish Book Championship. Une dizaine de ses romans est publiée chez Actes Sud.

 

Les gens de Hemsö, August Stringberg — le choix de Christelle

August Strindberg est considéré comme un auteur ‘classique’ de la littérature suédoise. Comme Zola ou Flaubert, il est étudié à l’école mais c’est en le lisant à l’âge adulte qu’on apprécie sa prose à sa juste valeur. Les gens de Hemsö décrit la vie d’une communauté de pêcheurs dans une île fictive de l’archipel de Stockholm. Strindberg décrit avec humour, la vie quotidienne, les mentalités et les mœurs sociales de l’époque.

Hemsö est un petit village de pêcheurs dans lequel arrive Carlsson, un gars de la campagne. Travailleur itinérant, il est embauché à la ferme de la veuve Flod pour s’occuper des terres et du bétail. Débrouillard et ambitieux, Carlsson cherche à s’intégrer et à s’élever par tous les moyens dans la communauté. Mais sa naïveté, sa méconnaissance de la mer et l’hostilité des habitants ne vont pas lui rendre la tâche facile.

Entre rivalités locales et antagonisme de classes, Carlsson arrivera-t-il à ses fins ? Une comédie de mœurs, facile à lire, avec de belles descriptions de la faune et de la flore de l’archipel. Un bon moment au milieu des pêcheurs de l’archipel du 19e siècle.

 

La sorcière d’avril, Majgull Axelsson — le choix de Christelle

Christina, Margareta et Birgitta ont été, enfants, placées sous la tutelle de Tante Ellen. Des enfances difficiles, parfois violentes, des mères absentes ou pas à la hauteur… et finalement des femmes toujours en quête de sens. Ces sœurs qui n’en sont pas, ont grandi ensemble et, maintenant devenues adultes, elles se sont perdues de vue. La quatrième, Désirée est la fille biologique et cachée de Tante Ellen. Épileptique et gravement handicapée depuis sa naissance, elle est murée dans son corps. Elle a décidé de se venger de ces enfants qui lui ont pris sa place. Elle est ‘la sorcière d’avril’ et a le pouvoir de se transporter dans le temps et l’espace pour observer et intervenir dans la vie de ses sœurs. Déterminée à trouver laquelle d’entre elles lui a volé sa vie, elle découvre finalement qu’elle n’a rien à leur envier.

Au travers de ces quatre histoires, Majgull Axelsson raconte l’importance et la complexité des relations mère-fille, et porte un regard positivement humain sur le handicap. Elle dénonce (et fut très critiquée à la sortie du livre en 1997) la cruauté et l’inaptitude des services sociaux et médicaux face aux enfants abandonnés, maltraités ou sévèrement handicapés dans les années 50.

Émouvant, parfois dur, tout à fait original et bien écrit, ce livre épais (plus de 500 pages) ne laisse pas indifférent.

Majgull Axelsson, née en 1947, est journaliste et auteure de nombreux ouvrages. La sorcière d’avril est son second roman pour lequel elle a reçu de nombreux prix littéraires en Suède — notamment le Prix August.

 

La saga des émigrants, Vilhelm Moberg — le choix d’Audrey

Utvandrarna, en suédois, est une série de quatre romans (Les émigrants, Les immigrants, Les colons et La dernière lettre pour la Suède). Traduits en français en huit volumes, ils retracent l’histoire d’un groupe de Suédois, originaires de la paroisse de Ljuder en Småland, qui émigrent aux États-Unis, dans les années 1850. Karl-Oskar et Kristina, et leurs enfants, sont la famille que l’on suit le plus près tout au long de la saga. Ils fuient la pauvreté et la famine et finissent par s’installer, après un long et difficile périple, dans le comté de Chisago, dans le Minnesota. Mais il y a aussi Daniel et Ulrika qui veulent échapper à la persécution de l’église suédoise, ainsi que Robert qui se rue vers l’or avec son ami Arvid. La Saga des émigrants, Vilhelm MobergEntre 1850 et 1920, c’est un million et demi de Suédois qui quittèrent leur pays ; la raison principale était une forte augmentation de la population qui réduisait l’accès aux terres agricoles et au travail en général. La Suède était à l’époque strictement protestante, à peine industrialisée, et le pouvoir monarchique y pesait lourd. La tolérance religieuse, la liberté politique et la possibilité d’améliorer son niveau de vie, voilà les arguments qui convainquaient les émigrants d’aller tenter leur chance outre Atlantique.

La vague d’émigration de la fin du XIXème siècle a fortement marquée la mémoire collective des Suédois. Né en 1898, Vilhelm Moberg aimait à raconter la grande Histoire du point de vue du peuple. C’est exactement ce qu’il a fait avec sa Saga des émigrants, son œuvre maîtresse, pour laquelle il a fouillé les archives, en Suède et aux États-Unis, à la recherche de sources historiques et de lettres de migrants.

 

Et vous, quels sont vos auteurs suédois préférés ? N’hésitez pas à les partager avec nous.

Où trouver des livres en français? Lire notre article ici.

A propos Christelle P 10 Articles
J'ai quitté la France en 2005 et, après un long séjour en Angleterre je me suis installée à Stockholm en 2013. Vivre hors de France est riche et passionnant, et je suis ravie de partager ici mon experience. J'aime les découvertes, les échanges, la vie au grand air et les sorties culturelles.

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