De l’origine & Half time : les ballets qui dépoussièrent l’Opéra Royal !

©Hans Nilsson/Kungliga Operan

Les chorégraphes Olivier Dubois et Sharon Eyal offrent deux ballets originaux, modernes et particulièrement intenses aux spectateurs de l’Opéra Royal de Stockholm ! Quand les vibrations de la musique électronique secouent la poussière des dorures et fauteuils de velours…

Bien que très différents, les 2 ballets — n’ayez pas peur du mot, pas de danseuses en tutu rose au programme — ont en commun leur décor noir et ultra-minimaliste, laissant pleinement aux danseurs mais également à la musique le soin de provoquer une tension et une émotion assez inattendue chez le spectateur. Accueil plus réservé pour le sombre De l’origine, standing ovation pour le plus joyeux Half time (NB représentation du 23 février) : vous êtes prévenus, vous allez adorer ou détester !

De l’origine… Ambiance post-apocalyptique !

Très éloigné d’un ballet, la création d’Olivier Dubois est une performance de deux danseurs en tenue léopard évoluant dans un univers glauque et sinistre se révélant peu à peu à la lumière des projecteurs. Dès les premières secondes, la musique digne d’un film de science-fiction plonge la salle dans une ambiance angoissante.

©Hans Nilsson/Kungliga Operan

Le couple évolue tout d’abord dans un corps-à-corps à la fois sensuel et bestial. L’homme et la femme restent en contact permanent, s’adonnent à quelques positions érotiques et au gré des figures et des jeux de lumière ne forment plus qu’un, véritable sculpture vivante prenant les traits d’un animal extraordinaire (renforcé par les costumes).

Autour d’eux, des poupées humaines, à taille réelle, jonchent le sol et évoquent indéniablement des corps, renvoyant à ces abominables images de charniers humains de guerres passées. Est-ce la fin du monde, l’origine d’une nouvelle ère ? Les deux danseurs seraient-ils les derniers survivants sur terre ? Le retour à des instincts primates et primitifs ? A vous de trouver la réponse.

Sans surprise, le danseur et chorégraphe français est souvent qualifié de provocateur et d’ « enfant terrible » de la danse…

©Hans Nilsson/Kungliga Operan

Half time… Energie et précision !

Après une pause bien méritée, le spectacle reprend sous les traits d’un nouveau couple, animé de mouvements saccadés, tels des robots, répétant sans cesse les mêmes gestes. Après ces premières minutes, longues et assez pénibles — notamment à cause d’une musique volontairement tout aussi répétitive — le spectateur se laisse séduire mais surtout impressionner par une troupe de danseurs incroyables, à l’énergie communicative.

©Hans Nilsson/Kungliga Operan

La chorégraphe israélienne Sharon Eyal a élaboré une incroyable danse mêlant mouvements sensuels et psychédéliques, douceur et brutalité, rigueur et humour (avec un incroyable danseur longiligne).

Les corps des danseurs — presque nus — sont absolument fascinants à regarder dans l’effort : les muscles tendus sont au service d’une mécanique bien huilée, exécutée à la perfection. Il est rare et exaltant de voir une telle chorégraphie, une telle synchronisation de mouvements si rapides et précis, avec en apothéose un enchaînement de « pointes » en version accélérée. Une performance sportive et esthétique, saluée par une standing ovation.

©Hans Nilsson/Kungliga Operan

 

Pour les derniers sceptiques, quelques « mauvaises » raisons d’y aller :

  • vu les décibels, vous ne risquez pas de vous endormir — pour une fois ? — à l’opéra. D’ailleurs, sur le site internet, un avertissement prévient les spectateurs : ljudbilden kan upplevas som intensiv
  • pour soutenir la création française qui s’exporte au delà de nos frontières !
  • l’occasion pour un public plus jeune de pousser les portes de l’opéra — et de son poulailler — et de pénétrer un milieu que l’on peut croire élitiste et inaccessible
  • contrairement au cinéma, pas de bruit désagréable de sachets de bonbons en plastique ou de pop-corn brassé et re-brassé…

 

L’opéra… c’est où ?

Kungliga Operan, , Stockholm.

En T-bana : station Kungsträdgården, sortie Gallerian

L’opéra… c’est quand ?

Prochaines représentations :

  • Vendredi 13 octobre — 19.00
  • Mardi 17 & mercredi 18 octobre — 19.00
  • Mardi 24 & vendredi 27 octobre — 19.00
  • Mercredi 1er & jeudi 2 novembre — 19.00

L’opéra… c’est cher ?

Seulement 225 SEK au lieu de 450 ! Profitez des soldes d’automne…

Pour réserver, cliquez ici

L’opéra… c’est long ?

Durée totale : 1h30 seulement !

De l’origine = 30 minutes, puis pause d’environ 25 minutes avant Half time = 40 minutes.

 

 

A propos Fabrice E 48 Articles

Seulement en Suède depuis 2 ans, toujours curieux et intéressé par les différences culturelles France-Suède. Mes sujets de prédilection sont architecture, pop culture, médias, sorties culturelles et randonnées.
Instagram : fabisverige

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